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Liban

Rifi confirme qu’il demandera le transfert des dossiers des attentats terroristes à la Cour de justice

Le ministre de la Justice, le général Achraf Rifi, a reçu hier à son bureau du ministère une délégation des avocats représentant les familles ayant subi des dommages à la suite du double attentat qui a visé en août 2013 les mosquées as-Salam et al-Takwa, à Tripoli. La délégation était conduite par le secrétaire général du conseil de l'ordre des avocats de Tripoli et du Liban-Nord, Saadi Kalaoun, représentant le président de l'ordre des avocats du Nord, Michel Khoury, qui se trouve à l'étranger.
Les membres de la délégation ont remis à cette occasion au général Rifi une pétition signée par près de 70 000 habitants de Tripoli, réclamant que les attentats contre les deux mosquées de Tripoli soient transférés à la Cour de justice.
Prenant la parole au nom de la délégation, Saadi Kalaoun a déclaré que « les attentats qui ont visé les mosquées as-Salam et al-Takwa ont donné naissance à une plaie béante dans le corps de Tripoli ». « Cette plaie, a-t-il ajouté, ne sera pansée que lorsque les mesures judiciaires adéquates seront prises à l'encontre des exécutants, des commanditaires, des suspects arrêtés et ceux qui sont en fuite. Il ne sera possible de mettre un terme au cycle d'incidents qui secouent Tripoli que si le dossier (des attentats contre les deux mosquées) est transféré à la Cour de justice, surtout qu'ont été dévoilées les intentions des commanditaires qui cherchent à porter atteinte à la paix civile et à susciter des dissensions sectaires de manière à saper le vivre-ensemble. »
En conclusion, M. Kalaoun a souligné que si la Cour de justice est saisie de l'affaire du double attentat de Tripoli, cela signifiera que nous avons pris conscience du fait que « la violence mutuelle ne résout rien et que la voie de la sécurité passe par la justice ».

Rifi et le suivi des dossiers
S'adressant ensuite aux membres de la délégation, le général Rifi a confirmé son intention de demander sous peu au Conseil des ministres de saisir la Cour de justice des deux attentats de Tripoli et des dossiers des autres attentats terroristes qui ont visé récemment la banlieue sud de Beyrouth, l'ambassade d'Iran et le Hermel. Le ministre de la Justice a relevé dans ce cadre que son prédécesseur Chakib Cortbaoui avait transmis au Conseil des ministres une demande visant à saisir la Cour de justice du double attentat de Tripoli et des attentats perpétrés avant la formulation de la demande, le 4 janvier 2014.
Rendant hommage, pour l'occasion, à son prédécesseur et à l'action qu'il a entreprise au ministère de la Justice, le général Rifi a souligné que se basant sur la démarche de M. Cortbaoui, il transmettra au Conseil des ministres la pétition signée par les 70 000 habitants de Tripoli, réclamant que les attentats contre les mosquées as-Salam et al-Takwa soient transférés à la Cour de justice.
Mettant l'accent sur le fait qu'il a la ferme conviction que « seule la justice peut assurer la sécurité et la stabilité », le général Rifi a affirmé qu'en sa qualité de ministre de la Justice, il se doit de ne pas intervenir dans l'action de la justice. Il a toutefois souligné sa détermination à assurer le suivi des dossiers en suspens. « En tant que pouvoir politique, a-t-il déclaré à ce propos, je n'ai pas le droit d'intervenir dans l'action de la justice. Le juge bénéficie d'une indépendance totale et nul ne peut faire pression sur lui. Toutefois, je ne permettrai pas que les dossiers restent en suspens et soient relégués aux oubliettes. »

Nouvelles agressions
Il convient d'indiquer par ailleurs, au chapitre de la situation sécuritaire à Tripoli, que deux habitants de Jabal Mohsen de la famille Omrane ont été la cible d'une agression à Tripoli, dans le souk des cordonniers. Des éléments armés ont en effet ouvert le feu en leur direction, les blessant aux jambes. Plusieurs agressions similaires visant des habitants de Jabal Mohsen ont été perpétrées ces derniers temps à Tripoli dans des conditions similaires.
Ces débordements sécuritaires ont été vivement dénoncés hier par le député Mohammad Kabbara (courant du Futur) qui a qualifié d' « inacceptables » l'anarchie sécuritaire dont la capitale du Nord est le théâtre ainsi que « la prolifération des armes et les tirs qui visent des innocents, quelle que soit leur appartenance ». « Il n'est plus concevable de garder le mutisme à ce sujet », a déclaré M. Kabbara qui a exhorté le nouveau gouvernement à « assumer ses responsabilités à l'égard de la capitale du Nord ». « Aucun prétexte ne justifie désormais de ne pas traiter sérieusement le problème de Tripoli du fait que toutes les factions sont présentes au sein du gouvernement et elles devraient prendre la décision de préserver Tripoli », a notamment souligné M. Kabbara.
Signalons, enfin, que le secrétaire général du Parti arabe démocratique (PAD, alaouite), Rifaat Ali Eid, a accusé hier le leader du courant du Futur, Saad Hariri, de mener campagne contre lui. Il a apporté, d'autre part, un démenti aux informations selon lesquelles son père, l'ancien député Ali Eid, a facilité la fuite en Syrie d'un des suspects dans le double attentat de Tripoli. « Nous n'avons facilité la fuite de personne, a affirmé Rifaat Eid, et nous pouvons apporter mille preuves de notre innocence au sujet des accusations qui sont portées contre nous. »
Et de conclure sur ce plan : « J'ai informé l'armée et la justice de l'identité de la personne qui a facilité la fuite des suspects. Pourquoi la justice n'enquête-t-elle pas avec elle ? Le ministre de la Justice Achraf Rifi désire-t-il se poser en héros en relançant cette affaire devant la justice? Notre parti se conforme à la logique de l'État et se place sous l'autorité de la justice. »

Le ministre de la Justice, le général Achraf Rifi, a reçu hier à son bureau du ministère une délégation des avocats représentant les familles ayant subi des dommages à la suite du double attentat qui a visé en août 2013 les mosquées as-Salam et al-Takwa, à Tripoli. La délégation était conduite par le secrétaire général du conseil de l'ordre des avocats de Tripoli et du Liban-Nord, Saadi Kalaoun, représentant le président de l'ordre des avocats du Nord, Michel Khoury, qui se trouve à l'étranger.Les membres de la délégation ont remis à cette occasion au général Rifi une pétition signée par près de 70 000 habitants de Tripoli, réclamant que les attentats contre les deux mosquées de Tripoli soient transférés à la Cour de justice.Prenant la parole au nom de la délégation, Saadi Kalaoun a déclaré que...
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