Je ne suis pas sûre de ce qui est le plus pénible, des femmes meurtries par leurs maris ou le silence presque absolu de la société et de la classe politique vis-à-vis de ces malheurs devenus quotidiens.
Une maman enlaçant la photo de sa fille défunte, la tête basse, les yeux noyés par la peine, rétrécis par la douleur d'un au revoir soudain, prématuré... Une mère n'est pas supposée enterrer son enfant ; un gamin n'est pas supposé crier « maman » sans avoir de réponse !
Un mari, qui avait juré amour et respect à sa femme, devant Dieu, finit par la battre, la tuer, de sang-froid, lentement...
Mais, pire que ce genre de crime, il y a l'absence insolente de lois qui protègent ces femmes-victimes, et la nonchalance – pour ne pas dire l'indifférence – publique vis-à-vis de cette cause. Pas de groupes de soutien efficaces sur les réseaux sociaux, pas de nombreux groupes de pression, pas de continuité, d'enquête... Facebook pourrait être utilisé pour des causes plus importantes que le voyeurisme et le passe-temps !
Un reportage télévisé, quelques articles semblent nous suffire, attisent notre curiosité, sans jamais songer à une solution, pas si difficile après tout. Une loi, une campagne médiatique insistante, ne sont pas irréalisables.
Nous devenons immunes à ces horreurs-là. Cela n'est plus une question, c'est une affirmation, une certitude. L'humanité nous a quittés il y a longtemps, peut-être à cause de nos tracas quotidiens, peut-être à cause de notre société devenue
superficielle, sans valeurs.
Rola Yacoub, Manal Assi, Christelle Abou Chakra, Margaret Tannous... toutes méritent, comme Aline Lahoud et Jackie Chamoun, qu'on leur rende hommage, qu'on les soutienne, qu'on se souvienne d'elles, même si c'est pour une raison très différente.
Une société sans femme protégée, forte et confiante, est fade, un semblant d'existence, une ombre de vie. Mieux vaut sans !
Dr Rita SAYAH NEHMEH


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