La descente vertigineuse de ski de ces derniers jours, qui a soulevé une tempête de neige dans un verre d'eau sur les réseaux sociaux, a révélé cette fois-ci une confrontation d'un autre type. En effet, la polémique n'avait pas pour toile de fond un affrontement politique, intercommunautaire ou interculturel puisque les principes défendus sur les questions de mœurs sont partagés par les différents partis et par les institutions religieuses, et s'inscrivent dans les conventions sociales qui régissent la société libanaise, réputée pour sa modération et sa tolérance, son juste milieu et judicieux équilibrage. C'est cette formule bien dosée de coexistence qui définit le modus vivendi nécessaire à ce vivre-ensemble qui ne devient tumultueux que lorsque la politique et l'idéologie s'en mêlent. Face à ce consensus social qui préserve les spécificités traditionnelles et culturelles des différentes composantes sociales libanaises, y compris celle qui se prévaut de la libre pensée confinant à l'athéisme, nous voyons émerger récemment, dans toute sa crudité, un extrémisme libertaire, sous prétexte de contrebalancer l'extrémisme obscurantiste.
Cette forme d'extrémisme, non moins pernicieuse par son caractère provocateur, susceptible d'exacerber son pendant et d'alimenter un antagonisme bipolaire, s'inspire des valeurs occidentales laïques, à forte connotation anticléricale, et s'emploie à exercer sa terreur sur ceux et celles qui réagissent aux atteintes à la bienséance et à la pudeur.
Il est devenu défendu, pour ces libertaires et libertins, de critiquer l'indécence et la licence, et de rappeler les principes et les valeurs qui prémunissent notre société et notre cellule familiale contre l'éclatement qui menace certaines sociétés occidentales, libérées à outrance des contraintes susceptibles d'assurer leur cohésion et leur viabilité à long terme.
Il est devenu défendu pour un ministre de la Jeunesse et des Sports de demander l'ouverture d'une enquête sur une affaire scandaleuse pour la préservation de l'image décente du Liban.
Il est même devenu défendu pour la principale concernée de s'excuser et de reconnaître que le Liban est un pays conservateur, comme si cette caractéristique était une insulte.
Le prétexte soulevé étant, entre autres, que ce ministre et ces dirigeants devraient s'appliquer à résoudre la quadrature du cercle vicieux politique et à éradiquer la corruption dans les secteurs publics et privés plutôt que de se pencher sur cette question pornographique, comme si la corruption morale, la corruption des mœurs, devait forcément devenir, sous le coup de leur terreur, le cadet de nos soucis.
Eh bien non, messieurs et mesdames partisans des arts et des sports grivois, permettez-nous la liberté de faire de la corruption des mœurs l'aînée de nos soucis, aux côtés de toutes les autres formes de corruption.
Permettez-nous de nous attacher à nos modèles de conduite dictés par nos religions, notre éducation, et par les normes sociales qui régissent notre société, et ce afin de ne pas sombrer dans l'anomie.
Permettez-nous de ne pas souscrire à ce blanc-sein(g) que vous délivrez à ceux et celles qui enfreignent les règles de bienséance sociales et de les rappeler à l'ordre moral, sans que nous ne soyons accusés de réinstaurer l'Inquisition, qui a tout l'air d'avoir changé de camp.
Permettez-nous de rappeler à ceux et celles d'entre vous qui se disent chrétiens ou musulmans qu'ils ne peuvent prétendre l'être et applaudir l'exhibitionnisme et le dévergondage qui sont condamnés dans les textes sacrés et par les institutions religieuses respectives.
Permettez-nous cette liberté, vous qui en êtes si féru(e)s que vous perdez la boussole qui indique le bon sens.
Au lieu d'encourager la femme-objet à «faire ce qu'elle veut de son corps», et ce au détriment de la femme de tête, et à compromettre son émancipation véritable par la promotion de ses droits civiques, moraux, sociaux et politiques qui sont encore à faire cruellement défaut, unissons-nous, conservateurs, libéraux et libertins pour lui assurer l'égalité et la prémunir contre la violence domestique. Ce n'est pas en l'incitant à exposer au grand jour ses «objets» que vous l'aiderez à devenir un sujet à part entière, avec les mêmes droits et privilèges.
Permettez-nous, pour finir, de ne pas céder à votre terrorisme libertaire et de continuer à défendre les valeurs, symboles, traditions et coutumes qui fondent notre habitus et notre société pluraliste.


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
C'EST AVEC LES LOBES CONSTIPÉS ET QUE VOUS SEMBLEZ EN ÉNUMÉRANT APPUYER QU'ON SOMBRE DANS L'ABÎME...
18 h 58, le 25 février 2014