Des pneus en feu pour dénoncer les contraintes provoquées par les mesures de sécurité renforcées dans la banlieue sud. Photo ANI
Il s'agit là d'une première dans la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah ; un développement symbolique dont la portée politique n'échappe à personne : pour protester contre le blocage de l'accès à leurs magasins du fait de la fermeture des routes et des mesures de sécurité renforcées prises par le Hezbollah et les forces de l'ordre dans la banlieue sud, des propriétaires de magasins ont exprimé leur colère en fermant brièvement, hier matin, à l'aide de pneus enflammés, la route près des locaux de la chaîne al-Manar du Hezbollah dans le quartier de Bir Hassan. L'armée et les éléments chargés de la garde des locaux d'al-Manar se sont aussitôt massivement déployés, de crainte d'une tentative de diversion et d'une éventuelle opération terroriste, après le double attentat perpétré dans la région mercredi.
Le bilan de ce double attentat s'est alourdi hier et s'élève désormais à 11 tués, après la mort d'une Éthiopienne (Thadilis Dista) qui a succombé à ses blessures. Le commissaire du gouvernement près le tribunal militaire, le juge Sakr Sakr, a pour sa part donné hier des instructions aux services de sécurité pour livrer les dépouilles de six victimes de l'attentat à leur proches, l'analyse des tests d'ADN ayant été achevée. De leur côté, les Forces de sécurité intérieure ont fait part hier de la mort du caporal Mohammad Dandach dans l'attentat, qui a en outre fait 129 blessés, alors qu'il empêchait le kamikaze de pénétrer dans la cour du Centre culturel iranien. Alors que l'un des deux kamikazes a été identifié jeudi comme étant le Palestinien Nidal al-Moughayyar, âgé de 29 ans, l'enquête se poursuit pour connaitre l'identité du second kamikaze.
Ferronnier, Nidal al-Moughayyar habitait al-Beissariyé, un village chiite près de Saïda où vivent quelques familles palestiniennes sunnites. À l'annonce de l'identification du kamikaze, des habitants ont attaqué l'immeuble de trois étages de ses parents, ont brûlé l'atelier de ferronnerie et trois de leurs voitures. Selon des voisins et une source de sécurité, par peur des représailles, le père, après avoir vu la photo de son fils à la télévision, a fait partir sa famille avant de se présenter volontairement à l'armée pour se soumettre à un test ADN, qui a finalement permis l'identification du suicidaire, qui était un partisan du cheikh salafiste en cavale Ahmad el-Assir. À al-Beissariyé, d'où est aussi originaire l'un des deux kamikazes de l'attentat contre l'ambassade d'Iran à Beyrouth, le 19 novembre, le Palestinien Adnane al-Mohammad, l'on craint « le pire », de nombreux jeunes ayant disparu du village. « Nidal allait souvent à Saïda chez cheikh Assir et avait des idées très extrémistes et détestait les chiites. Et il y a dans le village des réfugiés syriens et des Palestiniens. Les habitants sont hospitaliers, mais ce qui les a énervés, c'est d'entendre sur une chaîne une vidéo où Nidal dit qu'il veut égorger tous les chiites et les alaouites », confiait vendredi un habitant du village à l'AFP.
De leur côté, les forces de sécurité ont annoncé hier avoir arrêté un activiste musulman sunnite soupçonné d'avoir recruté les auteurs d'attentats-suicide visant des intérêts iraniens à Beyrouth et d'avoir participé à la fabrication de voitures piégées. Interpellé samedi dernier, Hassan Abou Afleh est considéré comme l'un des chefs de file des Brigades Abdallah Azzam, mouvement qui a revendiqué le double attentat de Bir Hassan. Les services de sécurité ont affirmé avoir gardé le silence sur son arrestation jusqu'à présent pour les besoins de l'enquête. Hier, ils ont par ailleurs relâché le footballeur de l'équipe du Racing de Beyrouth, Zouheir Mrad, soupçonné d'implication dans des activités terroristes et arrêté mercredi par les renseignements de l'armée libanaise, qui avaient pourtant affirmé que cette arrestation n'était pas directement liée à l'incident de Bir Hassan.
Sur un autre plan, le chef du Parti socialiste progressiste Walid Joumblatt a contacté par téléphone les ambassadeurs du Koweït et d'Iran, Abdel Aal Kinaï et Ghadanfar Roken Abadi, pour condamner l'acte terroriste qui a eu lieu à proximité des deux ambassades. M. Joumblatt a également communiqué par téléphone avec l'ancienne ministre Leïla Solh Hamadé et Riad el-Assaad dont les familles vivent dans la région où le double attentat a eu lieu, et avec l'ancien ministre Wi'am Wahhab, dont l'un des gardes du corps a été tué mercredi à Bir Hassan.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Pourquoi ne protestent-ils pas de mêêême, contre les mesures prises par ce mêêême hézébbb-làh dans le but de cacher les cinq Accusés par le Tribunal Spécial pour le Liban dans l'Assassinat du Président Rafîk HARIRI !
14 h 22, le 22 février 2014