Les grandes puissances occidentales et les pays arabes ont beau dénoncer, stigmatiser et condamner les attentats-suicides terroristes qui frappent les régions libanaises, notamment dans la banlieue sud et au Hermel, ces puissances étrangères ne bougent pas le petit doigt pour tenter de mettre un terme à ce terrorisme ambulant qui vise les civils. Pour leur part, les responsables et les citoyens libanais sont également quasi sûrs qu'il n'y a pas moyen de stopper ce terrorisme, quelles que soient les mesures sécuritaires prises, même s'il est vrai que les forces de l'armée ont pu mettre la main sur Maged Maged et Naïm Abbas, les deux chefs des Brigades Aballah Azzam, responsables de l'attentat contre l'ambassade d'Iran en décembre dernier et de l'attentat à Bir Hassan, mercredi, et que les forces de l'ordre ont pu saisir deux voitures piégées prêtes à être explosées au Liban, en provenance de Yabroud.
Pourtant, selon des experts de la lutte contre le terrorisme, les États ayant une certaine expérience dans ce domaine et possédant les équipements nécessaires peuvent tenter de remédier à la situation. Ils devraient, pour cela, entraîner les militaires libanais et alimenter les services de sécurité en appareils nécessaires pour détecter et saboter tout acte terroriste à temps. Et selon des sources diplomatiques, il ne faudrait pas sous-estimer les capacités de ces groupuscules dont le financement est toujours prêt, surtout que les services de sécurité libanais ne sont pas capables de contrôler, seuls, toutes les cellules dormantes et que le Liban n'est pas équipé pour ce genre de missions inattendues. Croire donc que le cabinet Salam pourrait résorber le problème serait trop espérer, sans oublier que ces groupes affirment qu'ils poursuivront leurs opérations jusqu'au retrait du Hezbollah de Syrie, chose qui n'est pas près de se concrétiser, et qu'ils estiment que les intérêts iraniens au Liban sont les cibles les plus faciles et les plus proches pour s'en prendre à l'Iran.
Mais jusque-là, malheureusement, aucune offre concrète n'a été faite par un État ami du Liban pour qu'il puisse vaincre ce terrorisme qui gangrène la vie des Libanais. Il y a bien cette proposition du ministère syrien de l'Intérieur de collaborer avec Beyrouth pour contrer ces terroristes qui visent « le Liban, la Syrie, et toute la région », et de déployer tous les moyens pour assurer le succès de cette laborieuse entreprise. Malheureusement, aucune proposition officielle n'a été transmise par Damas aux autorités compétentes et il n'y a quasiment plus de liens entre les gouvernements des deux pays, hormis le Haut Conseil libano-syrien présidé par Nasri Khoury. Cette proposition n'a pu donc être prise au sérieux par la plupart des diplomates qui ont refusé de se prononcer sur cette affaire. Et un ministre s'est même interrogé comment le régime pouvait soutenir le Liban dans sa lutte contre le terrorisme, si Yabroud et d'autres régions exportatrices de véhicules piégés échappaient encore à l'autorité du régime !
Liban - Dans Les Coulisses De La Diplomatie
La proposition de Damas de soutenir le Liban contre le terrorisme n’a jusque-là rien d’officiel
OLJ / Par de Khalil Fleyhane, le 22 février 2014 à 00h00


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21 h 48, le 22 février 2014