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À La Une - Négociations

Genève : l'opposition syrienne abandonnera les discussions s'il n'y a aucun progrès

Tractations à New York pour tenter de persuader Moscou de se rallier à un projet de résolution sur la situation humanitaire.

Des forces du gouvernement syrien aident le Croissant Rouge à évacuer les civils de Homs le 10 février 2014. AFP/STR

La délégation de l'opposition syrienne à la deuxième ronde de négociations à Genève lundi a averti qu'elle ne participerait pas à une troisième rencontre si aucun progrès n'était réalisé.

"S'il n'y a aucun progrès, je pense que ce serait une perte de temps d'envisager une troisième ronde", a dit à la presse le porte-parole de l'opposition, Louay Safi. Il a précisé que la délégation de l'opposition avait abordé le sujet avec le médiateur de l'ONU, Lakhdar Brahimi, lundi au premier jour de la deuxième ronde. Les délégations du régime et de l'opposition avaient été reçues successivement par le médiateur qui a renoncé à une conférence de presse, visiblement en raison de l'absence de progrès.

 

Tant qu'il y aura une lueur d'espoir que les discussions puissent se poursuivre, "nous ne fuirons pas. Nous n'allons pas renoncer", a dit le porte-parole de l'opposition, en ajoutant toutefois que s'il n'y avait aucun progrès "il ne faudrait pas faire semblant de faire quelque chose". Dans ce cas, a-t-il estimé, "il serait plus honnête de dire que nous avons échoué", tout en reconnaissant que l'unique "Plan B" était de continuer la guerre civile qui dure déjà depuis près de trois ans et qui a fait plus 136.000 morts.

 

Ces déclarations sont intervenues après que M. Brahimi eut rencontré séparément les délégations du gouvernement et de l'opposition, dans l'espoir que des entretiens séparés permettraient au moins dans un premier temps d'obtenir de meilleurs résultats que pendant la première ronde, qui s'est soldée par un échec.

 

Lundi, Badr Jamous, le secrétaire général du Conseil National syrien, une des principales composantes de l'opposition a annoncé qu"il y aurait demain (mardi) une réunion conjointe à 09H00 GMT". "Nous sommes prêts à rencontrer le régime n'importe quand et n'importe où", a-t-il ajouté, tandis qu'une source de la délégation du régime du président Bachar el-Assad a confirmé la prochaine rencontre.

 

M. Brahimi rencontrera en outre vendredi le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Guennadi Gatilov, et la secrétaire d'État adjointe américaine Wendy Sherman, a annoncé sa porte-parole, après que Moscou eut proposé que diplomates russes et américains participent à une rencontre avec les deux délégations syriennes.

Selon un document en arabe circulant à Genève, M. Brahimi propose de traiter "en parallèle" la question de l'arrêt de la violence et du terrorisme, "priorité" pour le gouvernement, et celle de l'autorité gouvernementale de transition, "préalable" pour l'opposition.

 

Situation humanitaire
D'autre part, des tractations se sont poursuivies lundi à New York pour tenter de persuader Moscou de se rallier à un projet de résolution sur la situation humanitaire en Syrie. La Russie le considère comme inutile, voire contre-productif: "Ce texte ne sera pas adopté, croyez-moi", a lancé aux journalistes l'ambassadeur russe à l'ONU Vitali Tchourkine. Les Occidentaux ont prévu de convoquer une nouvelle réunion mardi après-midi, au niveau des experts, en espérant que la Russie y assistera.

Les discussions ont repris alors que quelque 460 civils ont été évacués lundi par l'ONU des quartiers assiégés de la ville syrienne de Homs, portant à 1.200 le nombre d'habitants évacués en quatre jours. L'opération humanitaire a été rendue possible grâce à une trêve négociée par l'ONU entre le régime de Bachar el-Assad et les rebelles. Plusieurs fois violée, la trêve humanitaire en vigueur depuis vendredi a été prolongée jusqu'à mercredi soir, ont indiqué lundi les Nations unies.

 

Se félicitant de la prolongation de la trêve à Homs, la patronne des opérations humanitaires de l'ONU, Valérie Amos, a souhaité que les négociateurs à Genève "se mettent d'accord sur une livraison à long terme de l'aide aux 250.000 civils dans les communautés assiégées en Syrie", où le conflit a fait plus de 136.000 morts et des millions de réfugiés et de déplacés en près de trois ans.

 

Dans le camp de Yarmouk, près de Damas, où quelque 20.000 syriens et réfugiés palestiniens vivent sous le siège de l'armée depuis juin 2013, une opération humanitaire a ainsi dû être suspendue en raison de combats. L'ONU a dit espérer sa reprise prochainement.

 

Le régime a par ailleurs accusé les rebelles d'avoir empêché le Croissant-Rouge de fournir nourriture et médicaments dans la prison centrale d'Alep (nord) pour le quatrième jour, provoquant "la mort de 20 détenus", selon la télévision syrienne.

Sur un autre plan, un troisième chargement d'agents chimiques a été évacué lundi en vue de sa destruction, a annoncé la mission conjointe ONU-Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), qui a "encouragé la Syrie à accélérer le transport d'agents chimiques".

 

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Tant qu'il y aura une lueur d'espoir que les discussions puissent se poursuivre, "nous ne fuirons pas. Nous...
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