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Saint Maron et la France

Nommé au service de la paroisse maronite à Bordeaux, après vingt et un ans de mission aux États-Unis, j'ai été récemment invité par un peintre d'art moderne de ma communauté à une exposition de peinture à Bouliac, dans la région bordelaise. J'y arrivai deux heures en avance, et quelle ne fut ma surprise en constatant que la salle d'exposition se situait à côté d'une église dédiée à saint Siméon. Pour un prêtre maronite, c'est quelque chose d'émouvant, de surprenant. « Je rêve », me suis-je d'abord dit. Mais non, le bâtiment était solide comme des pierres de cathédrale. « Si saint Siméon existe sur cette terre, alors les maronites y sont également présents depuis bien longtemps ! » me suis-je dit. Saint Siméon vient en effet en 13e position dans la liste des disciples de saint Maron telle qu'elle fut établie par l'évêque Théodoret de Cyr.
Quelques jours plus tard, nouvelle surprise : en marchant sur le chemin de saint Jacques de Compostelle intra muros, à Bordeaux, je découvris une autre église au nom de Saint-Siméon (bâtie au VIe siècle), malheureusement transformée en cinéma. Et de me dire en moi-même : « Qu'à cela ne tienne, l'esprit de saint Maron est ici ; à travers saint Siméon, il a nourri beaucoup d'âmes et enrichi cette terre de la Parole de Dieu. Il fut un bon levain. »
Soudain, des souvenirs de ma vie d'étudiant à la Sorbonne me revinrent. Je me revis feuilletant des livres à la Procure et tombant sur un grand article historique parlant de l'amitié spirituelle qui unissait sainte Geneviève, patronne de Paris, et saint Siméon. Les données de cet article furent confirmées plus tard par les recherches faites à l'église Sainte-Geneviève à Paris. Le visiteur de ce beau bâtiment peut toujours s'attarder sur l'histoire de cette rencontre inouïe entre l'Occident et l'Orient à travers saint Siméon et sainte Geneviève.
Sainte Geneviève a sauvé Paris et fut notamment conseillère de Clovis. De même, saint Siméon a conseillé des rois et converti des cœurs en vivant sur sa colonne comme un oiseau sur la branche.
La vie de saint Maron, dont on connaît les fruits plus que les détails, reste pour nous une source de foi, un fleuve de grâce qui nous unit les uns aux autres. Elle fut un pont entre l'Occident et l'Orient chrétien, dont aujourd'hui notre Église maronite est aussi une belle image.

Nommé au service de la paroisse maronite à Bordeaux, après vingt et un ans de mission aux États-Unis, j'ai été récemment invité par un peintre d'art moderne de ma communauté à une exposition de peinture à Bouliac, dans la région bordelaise. J'y arrivai deux heures en avance, et quelle ne fut ma surprise en constatant que la salle d'exposition se situait à côté d'une église dédiée à saint Siméon. Pour un prêtre maronite, c'est quelque chose d'émouvant, de surprenant. « Je rêve », me suis-je d'abord dit. Mais non, le bâtiment était solide comme des pierres de cathédrale. « Si saint Siméon existe sur cette terre, alors les maronites y sont également présents depuis bien longtemps ! » me suis-je dit. Saint Siméon vient en effet en 13e position dans la liste des disciples de saint Maron telle qu'elle fut...