À l’occasion de la réunion du Comité du patrimoine mondial le 19 juillet en République de Corée, Maha el-Khalil Chalabi a tenu vendredi une conférence de presse à Tyr, au cours de laquelle elle a lancé, au nom du Comité libanais pour la sauvegarde de Tyr, un appel aux Nations unies, à l’Unesco et à la communauté internationale. « Je prends aujourd’hui la parole avec une profonde douleur. En parcourant les quartiers de la ville, j’ai découvert un spectacle de désolation : des destructions effroyables, des maisons réduites en ruine, des quartiers entiers défigurés et un patrimoine gravement menacé. Ce qui est aujourd’hui attaqué, c’est une ville millénaire, la mémoire vivante de l’humanité », a-t-elle dit.
Elle a rappelé qu’en 1984, l’Association internationale pour la sauvegarde de Tyr réussissait à faire inscrire Tyr sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Le Comité du patrimoine mondial de l’Unesco adopta officiellement le périmètre archéologique de Tyr : de Sarafand au nord jusqu’à Ras el-Aïn au sud, des collines et villages jusqu’à la mer Méditerranée à l’ouest. Au fil des années, la protection a été réduite pour concerner uniquement les deux sites déjà fouillés, laissant de vastes portions du paysage archéologique exposées aux atteintes, aux empiètements et aujourd’hui aux destructions.
« Unissons les forces de tous les habitants de Tyr, ville de l’alphabet, de la mer et de l’ouverture au monde afin d’adresser un appel solennel aux Nations unies, à l’Unesco, ainsi qu’à toutes les institutions internationales chargées de la protection du patrimoine de l’humanité », a-t-elle déclaré.
Cet appel demande qu’il soit procédé à : l’inscription immédiate de la ville de Tyr sur la liste du patrimoine mondial en péril ; la restauration du périmètre archéologique historique tel qu’il avait été officiellement adopté par le Comité du patrimoine mondial en 1984 ; la réactivation de la Campagne internationale de l’Unesco pour la sauvegarde de Tyr et de sa région, lancée en 1996 ; assurer une mission internationale pluridisciplinaire chargée d’évaluer les dommages et d’élaborer un plan d’urgence global ; la mobilisation d’un soutien scientifique, technique et financier permettant la réhabilitation de la ville et la sauvegarde durable de son patrimoine culturel.
Parallèlement, Maha el-Khalil Chalabi a lancé un appel à tous les Libanais, au Liban comme dans la diaspora, aux universités, aux chercheurs, aux institutions culturelles ainsi qu’à tous les amis du Liban à travers le monde : « La sauvegarde de Tyr ne relève pas de la seule responsabilité de l’État libanais. Elle est celle de toute une nation, et plus encore de la communauté humaine toute entière. »
« Notre conviction est profonde : si le monde venait à perdre Tyr, ce ne serait pas seulement le Liban qui perdrait l’une de ses plus grandes cités ; c’est l’humanité toute entière qui serait amputée d’un héritage culturel irremplaçable », a-t-elle conclu.


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