L'excédent courant du Japon est tombé à son plus bas niveau historique en 2013 du fait de la hausse de la facture énergétique, elle-même due à la dépréciation du yen et à l'arrêt des centrales nucléaires, alors que l'endettement du pays a atteint un nouveau record, selon des chiffres communiqués hier par le ministère des Finances.
L'excédent courant a été l'an dernier de 3 300 milliards de yens (24 milliards d'euros). Il s'agit du plus mauvais résultat depuis 1985, année de la première diffusion de cette donnée. Importations et exportations ont respectivement augmenté de 15,4 % et de 9 % en 2013, selon le ministère.
Le yen a perdu 23 % face au dollar depuis la fin 2012 avec l'assouplissement de la politique monétaire décidé par la Banque du Japon pour lutter contre la déflation. Sur le seul mois de décembre, la balance des comptes courants a été déficitaire de 638,6 milliards de yens.
Beaucoup d'observateurs s'attendaient à une forte croissance des exportations en 2013, mais la faiblesse de la demande et la baisse de la compétitivité ont pesé plus lourd sur les résultats des entreprises japonaises à l'international.
« La hausse des exportations est plus faible que ce que je pensais, reflétant un déclin de la compétitivité », a déclaré Hiroaki Muto, économiste chez Sumitomo Mitsui Asset Management. « La balance des comptes courants pourra rester excédentaire, mais l'excédent sera de plus en plus réduit et cela pourrait remettre de la pression sur le gouvernement et la Banque du Japon. »
Le ministère des Finances a également annoncé que la dette publique japonaise avait atteint un nouveau record à la fin de 2013, à 1 017 000 milliards de yens (7 229 milliards d'euros), soit le double environ du produit intérieur brut nippon et de loin le plus mauvais ratio des pays industrialisés.
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