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Économie

L’égoïsme supposé de la Fed

La Fed a été accusée il y a trois ans de lancer une « guerre des monnaies » en lançant son programme QE2 : elle créait ainsi de la liquidité à outrance qui se déversait dans les pays émergents, faisant monter leurs devises. Elle est accusée aujourd'hui de retirer cette liquidité, ce qui provoque une fuite des capitaux dans les pays émergents et une chute des devises. On pourrait passer sur l'incohérence d'un argument qui critique la Fed de faire une chose, puis son contraire. Malgré tout, il faut voir quels sont les effets collatéraux de la normalisation de la politique de la Fed.
Tout d'abord, il y a une évidence à rappeler. Les turbulences récentes ont touché les devises et les marchés d'actifs de certains pays émergents, mais pas de tous. Les « victimes » ont en commun d'avoir des fragilités économiques (inflation élevée et mal contrôlée, déficit extérieur, déficit public) et politiques. Il est tout de même difficile d'imputer ces problèmes à la politique monétaire des pays occidentaux. Par ailleurs, il est dit que les pays émergents ont sauvé l'économie mondiale après la crise de 2008 dont l'épicentre était aux États-Unis. Ayant stimulé leurs économies à ce moment-là la réciprocité exigerait qu'on les aide aujourd'hui à surmonter leurs problèmes. C'est être amnésique que de raisonner ainsi. La relance de 2008 a été globale, chacun y trouvant le moyen de servir ses intérêts domestiques.
Reste la question de savoir ce qui pourrait se passer si la Fed devait – ce qui n'est clairement pas son intention aujourd'hui – durcir sa politique monétaire. Dans son Spillover Report 2013 paru l'été dernier, le FMI a estimé, dans le cadre d'un modèle multipays, les effets d'une hausse des taux de la Fed. Divers scénarios sont testés.
Le premier résultat est qu'une hausse des taux justifiée par une accélération de la croissance US aurait des effets neutres à l'échelon global (la vigueur de l'économie compensant des conditions financières resserrées), quoique négatifs pour les émergents. Le second résultat est que l'impact dépend in fine de la réaction des taux de marché aux États-Unis (risque ou non de krach obligataire). L'évolution des taux longs américains ne pointe pas exactement dans cette direction.

La Fed a été accusée il y a trois ans de lancer une « guerre des monnaies » en lançant son programme QE2 : elle créait ainsi de la liquidité à outrance qui se déversait dans les pays émergents, faisant monter leurs devises. Elle est accusée aujourd'hui de retirer cette liquidité, ce qui provoque une fuite des capitaux dans les pays émergents et une chute des devises. On pourrait passer sur l'incohérence d'un argument qui critique la Fed de faire une chose, puis son contraire. Malgré tout, il faut voir quels sont les effets collatéraux de la normalisation de la politique de la Fed.Tout d'abord, il y a une évidence à rappeler. Les turbulences récentes ont touché les devises et les marchés d'actifs de certains pays émergents, mais pas de tous. Les « victimes » ont en commun d'avoir des fragilités économiques...
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