Le Tribunal spécial pour le Liban, qui juge, depuis le 16 janvier, les assassins présumés de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri, a écouté hier le témoignage d'un officier, Abdel Badih el-Soussi, ancien directeur de l'Institut des Forces de sécurité intérieure, retraité depuis 2010. C'est par vidéoconférence que ce témoin, le neuvième sur la liste de l'accusation, s'est exprimé depuis Beyrouth. Le huitième témoin n'a pu se présenter devant le tribunal pour des raisons personnelles, comme l'a précisé au début de la séance le président de la Chambre de première instance, le juge David Re.
Le général Soussi occupait en 2005 (l'année où M. Hariri a été assassiné, NDLR) le poste de directeur de la section des explosifs et de la recherche des traces, c'est-à-dire, comme il l'a expliqué, « l'entraînement des chiens renifleurs ». Il s'agit d'une section indépendante du bureau des explosifs, alors dirigé par un autre officier, a-t-il précisé. « L'expertise dans le domaine des explosifs ne relevait pas de mes compétences », a-t-il ajouté.
Abdel Badih el-Soussi a raconté ensuite que le 14 février 2005, au moment où l'attentat a été perpétré, il se trouvait dans la région de Béchara el-Khoury, dans le centre de Beyrouth, à quelques kilomètres de la caserne Charles Hélou (Mar Élias), où il avait son bureau.
« Après l'attaque, je n'ai pas reçu l'ordre de me présenter sur les lieux de l'explosion, a-t-il assuré, précisant que cet ordre concerne les agents experts en explosifs. Je m'y suis néanmoins rendu le lendemain et plusieurs fois par la suite. Des membres des FSI et de l'armée libanaise étaient présents. »
Selon le général Soussi, « quelques jours après, des chiens renifleurs ont été amenés sur les lieux de l'attentat à la recherche de disparus, sur ordre des responsables de l'enquête ». Il a assuré dans ce contexte qu'il n'a pas pris part aux recherches effectuées et n'a présenté aucun rapport au juge responsable de l'enquête, ce rapport ayant été rédigé par le chef du bureau des explosifs.
L'officier a ajouté avoir néanmoins participé à une réunion avec d'autres responsables des FSI au Tribunal militaire le jour de l'explosion. « Au cours de cette réunion, présidée par le juge Rachid Mezher, deux débris métalliques ont été ramenés par un officier et un agent des Forces de sécurité intérieure relevant du bureau des explosifs, qui les ont associés au véhicule de type Mitsubishi », a-t-il précisé, en réponse aux avocats de la défense, qui ont insisté sur ce point.
Précisant que « ces pièces avaient été prélevées dans le cratère », il a répondu par la négative à la question de savoir s'il avait donné l'ordre de replacer ces pièces sur le lieu du crime, afin de les photographier en tant qu'éléments de preuve. Il n'a toutefois pas démenti le fait en soi.
Contradiction
Interrogé par l'un des juges suppléants de la chambre de première instance, Walid Akkoum, il dit ne pas avoir vu les photos de ces débris insérés dans le rapport du bureau des explosifs.
Le juge est ensuite revenu sur la déposition de Soussi devant la commission d'enquête en août 2005, dans laquelle il affirme que « le rapport présenté (par le bureau des explosifs) a mentionné des débris de véhicules qui ont été présentés à des commerçants de voitures et ont finalement été identifiés comme appartenant à la Mitsubishi ». Au juge qui le priait de « répondre à cela », le témoin a dit « ne pas comprendre la question », assurant que son rôle se limitait à « soumettre à l'autorité compétente, et sans y intervenir, le rapport rédigé par le chef du bureau des explosifs ».


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Il a une vie,une famille...alors,un peu de compréhension pour cet homme.Je n'aimerais certes pas être à sa place.Le TSL va passer...il y aura des condamnations prononcées contre les évaporés.Mais faut il rappeler que le TSL juge uniquement des individus,et pas des organisations.Il faut essayer d'en tirer profit...
12 h 05, le 04 février 2014