Quelques jours seulement après la fin de son sit-in aux portes de la décharge de Naamé, la Campagne pour la fermeture de la décharge, représentée par plusieurs de ses membres ainsi que par des écologistes, a été reçue hier au palais de Baabda par le président de la République Michel Sleiman. De la bouche du militant Ajwad Ayache, la Campagne a réitéré son intention de reprendre le sit-in quinze jours après la formation du gouvernement si ses demandes continuent d'être ignorées.
Le président Sleiman a refusé quant à lui qu'« une seule région du Liban porte le fardeau d'un problème de cette ampleur, qui a des répercussions aussi négatives sur l'entourage ». Il s'est dit prêt à coopérer avec les militants en vue de trouver des solutions à cette grande cause nationale.
Rappelons que la décharge est opérationnelle depuis 1998 et qu'elle accueille les déchets de Beyrouth et du Mont-Liban, soit 70 % des ordures du pays. Conçue pour cinq ans, elle est toujours utilisée par la compagnie qui la gère depuis 16 ans, en raison de l'absence de solutions alternatives adoptées par le gouvernement. Les habitants, excédés, ont coupé la route aux camions plusieurs jours à partir du 17 janvier dernier, qui devait être le jour de la fermeture de la décharge, repoussée d'un an. Les forces de l'ordre sont intervenues pour mettre fin à leur action.
Or des solutions existent selon Paul Abi Rached, président du Mouvement écologique libanais (LEM), qui s'est exprimé hier lors de la réunion à Baabda. Il a insisté sur la nécessité de respecter le délai de fermeture qui est le 17 janvier 2015, de commencer la réhabilitation du site immédiatement après et d'obliger le Conseil du développement et de la reconstruction (CDR) à surveiller l'opération d'enfouissement afin que seuls les déchets inertes arrivent à la décharge durant cette année. Il a préconisé également la remise en question du texte de loi sur la gestion des déchets ménagers envoyé au Parlement, ainsi que de la stratégie nationale élaborée au ministère de l'Environnement et au CDR (fondée sur l'achat d'incinérateurs), deux textes entachés de lacunes et qui ne répondent pas aux besoins du Liban, selon lui. M. Abi Rached a enfin demandé au président de parrainer le congrès national du LEM sur la gestion environnementale des déchets, qui se tiendra le 15 février.


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