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Nos lecteurs ont la parole - Cédric Tannous

Bienvenue au Liban

Lorsqu'un étranger arrive au Liban, la première chose qu'il entend est: «Bienvenue au Liban.» Mais, pour ne pas l'alarmer, on ne termine pas la phrase. Nous devrions dire: «Bienvenue au Liban, le pays dans lequel on n'a ni électricité, ni eau, ni paix, ni sécurité. Bienvenue au Liban, le seul pays parmi je ne sais combien d'autres à avoir un pont au milieu d'une autoroute.
Bienvenue au Liban, le pays où l'on débat encore de la nécessité d'instituer le mariage civil. Bienvenue au pays dans lequel il faut deux ou trois années pour se mettre d'accord sur une chose mineure, où la ségrégation règne. Bienvenue au Liban, le pays qui fut un pays.»
De nos jours, au Liban, nous mettons tous des
masques, nous prostituons nous-mêmes, pour quelle cause et dans quel but?, nos valeurs et nos normes. Ici, au Liban, il y a toujours des difficultés à surmonter pour vivre heureux: pas de salaires décents, pas d'immeubles dignes de ce mot, pas d'assurance, mais des dettes toujours et en manque d'argent. Je ne sais pas comment nous vivions, c'est un mystère pour moi qui n'a même pas 17 ans. Au Liban, il n'y a même pas de librairies, ni de musées dignes de ce nom, ni de parcs, ni de jardins où jeunes et personnes âgées peuvent se promener.
Cependant, je ne veux pas trop parler de ce qu'on n'a pas au Liban. Je voudrais bien parler de ce qu'on a. Nous avons les odeurs provenant des usines, la mer que nous n'avons pas fini d'utiliser comme dépotoir, des routes qui ressemblent à des voies ayant subi des bombardements, des feux de signalisation censés organiser la circulation. Le plus énervant : ces policiers qui ne regardent même pas le flot de voitures dont les conducteurs enfreignent à qui mieux mieux le code de la route. Ah et puis nous avons des embouteillages et nous avons même des politiques qui prétendent défendre les citoyens et le pays alors qu'ils se fichent des uns et des autres.
Pourquoi ne termine-t-on pas la phrase de bienvenue à l'adresse de ce touriste? Parce que si on le faisait, il prendrait ses jambes à son cou et s'en retournera chez lui...

 

 

Lorsqu'un étranger arrive au Liban, la première chose qu'il entend est: «Bienvenue au Liban.» Mais, pour ne pas l'alarmer, on ne termine pas la phrase. Nous devrions dire: «Bienvenue au Liban, le pays dans lequel on n'a ni électricité, ni eau, ni paix, ni sécurité. Bienvenue au Liban, le seul pays parmi je ne sais combien d'autres à avoir un pont au milieu d'une autoroute.Bienvenue au Liban, le pays où l'on débat encore de la nécessité d'instituer le mariage civil. Bienvenue au pays dans lequel il faut deux ou trois années pour se mettre d'accord sur une chose mineure, où la ségrégation règne. Bienvenue au Liban, le pays qui fut un pays.»De nos jours, au Liban, nous mettons tous desmasques, nous prostituons nous-mêmes, pour quelle cause et dans quel but?, nos valeurs et nos normes. Ici, au Liban, il y a toujours des...
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