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Nos lecteurs ont la parole - Andrée Salibi

Messieurs, libérez la place

« L'incompétence règne dans toutes les relations
et, avec le temps, elle produit très naturellement
l'indifférence. » Thomas Bernhard

«Un poids lourd emboutit sept voitures devant l'Hôtel-Dieu de France, un mort et plusieurs blessés, quelques centaines de mètres plus loin, un automobiliste de 26 ans a fini sa course dans le fleuve de Beyrouth. Il a chuté du pont de La Quarantaine. Deux blessés également dans un accident sur l'autoroute de Dbayé, sur la voie du retour vers Beyrouth, un accident à Nahr el-Kaleb faisant plusieurs blessés...»
Le problème de la circulation routière fait le malheur des Libanais, qui risquent leurs vies à tout moment, subissent des embouteillages monstres et passent le trois quarts de leur temps sur la route à stresser. L'absence de mesures de la part des responsables pour une application stricte du code routier multiplie tous les jours les victimes de la circulation.
Sortir le matin de chez soi, savoir que des dangers sérieux nous guettent, mais sortir quand même, obligés que l'on est de le faire. Conduire le plus prudemment possible et subir toutes les infractions de la part d'autrui. Maîtriser sa colère encore et encore jusqu' à crever de rage et d'indignation devant autant d'iniquités et en l'absence de toute surveillance de la part de l'État.
Qu'y a-t-il de plus périlleux que ces engins énormes, conduits par des chauffards criminels qui roulent à grande vitesse sur des routes et autoroutes non surveillées et mal signalisées? Les accidents font des blessés graves, des morts, parmi les usagers de la route, les cyclistes et les piétons. Et les responsables restent indifférents.
Les Libanais ont cessé depuis longtemps d'espérer un changement. Ils assistent à l'anéantissement de leur patrie. Le Liban a perdu son identité n'étant plus protégé par un État de droit. Le Liban, et sa formule unique de diversité, d'entente et de partage, se disloque chaque jour un peu plus et le Liban message meurt.
Les Libanais ne sont plus sécurisés et leur pays est envahi par des réfugiés arrogants qui aggravent le désordre existant et déstabilisent l'économie. Tous les jours des crimes sont commis qui demeurent impunis. Les médias rendent compte tous les jours d'accidents monstrueux, reproduisent les images choquantes des victimes, des voitures aplaties, des cadavres brûlés. Y a-t-il plus cruel que la perte d'êtres chers? Des accidentés de la route partent laissant derrière eux des parents éplorés, des familles choquées et des amis effondrés. Les bars qui servent l'alcool à gogo, les chauffards arrêtés mais rapidement libérés, l'état désastreux des routes et des véhicules, le manque d'éclairage, l'absence totale d'agents de l'ordre: autant de facteurs qui contribuent à accroître le nombre de victimes de la route. Mais quel est l'ordre de priorité de nos dirigeants dans l'accomplissement de leurs devoirs? Qu'attendent-ils pour agir et remettre le pays sur ses rails. Le Liban a dérapé et ses propres fils sont indifférents face à son état alarmant. Le Liban saigne et nul ne veut le soigner. Le Liban a tant donné et nul ne veut lui rendre la pareille.
Nos gouvernants ont toujours des excuses pour justifier leur absence sur le terrain et leur négligence flagrante dans l'accomplissement de leurs fonctions. Ils sont censés veiller sur notre sécurité et ne font que de la politique. L'étude sur le développement humain et social au Liban révèle un triste bilan.
Comment convaincre ces responsables qu'il est pressant de former un gouvernement ou, dans l'impossibilité de le faire, qu'il est urgent d'appliquer le code de la route.
Chers responsables, nous n'avons que faire de vos projets, de vos réformes : du fait de votre négligence, nous vivons dans le chaos. Aujourd'hui, notre priorité reste une application stricte du code routier ; c'est surtout une présence massive d'agents de l'ordre que nous recherchons pour imposer la loi; c'est aussi de savoir que nos jeunes seront bien encadrés dans une patrie civilisée. De grâce, punissez les infractions, multipliez les amendes, les arrestations, les tests d'alcool, faites payer cher les contraventions, retirez les permis de conduire.
De régime en régime, nos dirigeants se sont détournés de l'essentiel. «Toute opinion est indifférente aux ambitieux, pourvu qu'ils gouvernent.» Ils ont manqué de courage pour appliquer la loi et inciter les institutions à le faire. Par leur obstination à gouverner quand même, ils ont tué en nous tout espoir de changement. Il nous est égal d'être sous une domination ou une autre. Laissez, messieurs, la place à d'autres, plus pragmatiques. Et nous Libanais, ne perdons plus espoir, refusons toute domination. «Rien n'est indifférent, rien n'est impuissant dans l'univers, un atome peut tout dissoudre, un atome peut tout sauver.» Gérard de Nerval.

 

«Un poids lourd emboutit sept voitures devant l'Hôtel-Dieu de France, un mort et plusieurs blessés, quelques centaines de mètres plus loin, un automobiliste de 26 ans a fini sa course dans le fleuve de Beyrouth. Il a chuté du pont de La Quarantaine. Deux blessés également dans un accident sur l'autoroute de Dbayé, sur la voie du retour vers Beyrouth, un accident à Nahr el-Kaleb faisant plusieurs blessés...»Le problème de la circulation routière fait le malheur des Libanais, qui risquent leurs vies à tout moment, subissent des embouteillages monstres et passent le trois quarts de leur temps sur la route à stresser. L'absence de mesures de la part des responsables pour une application stricte du code routier multiplie tous les jours les victimes de la circulation.Sortir le matin de chez soi, savoir que des dangers sérieux...
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