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Économie

Taylor en question...

Une fois enclenchée, la hausse des taux se poursuit à un rythme rapide, ce qui va à l'encontre de ce que la Fed envisage pour la sortie de la politique de taux zéro. Dans cette analyse, nous passons en revue les questions qui suscitent chez les membres du FOMC des analyses différentes et parfois contradictoires.
Ces questions touchent en particulier aux deux grands piliers du mandat de la Fed, à savoir le plein emploi et la stabilité des prix, et aux risques associés. Depuis les travaux pionniers de John Taylor, il y a plus de vingt ans, il est usuel de décrire la fonction de réaction de la Fed en fonction de deux écarts : celui du chômage à son niveau de plein emploi (≈5.5 % à long terme) et celui de l'inflation par rapport à la cible de la banque centrale (2 %). Ce faisant, on comprend pourquoi la Fed a utilisé des mesures de détente quantitative. Selon une règle de Taylor standard, la Fed aurait en effet dû avoir un taux directeur fortement négatif de 2009 à 2011, puis faiblement négatif en 2012 et 2013. Pour surmonter la contrainte de taux zéro, elle a donc pratiqué une politique d'achats d'actifs avec le but d'obtenir par l'expansion de son bilan un assouplissement des conditions financières qu'elle ne pouvait plus obtenir par la baisse de son taux directeur. D'après les estimations, l'outil quantitatif n'est désormais plus nécessaire pour avoir une politique monétaire optimale au sens de Taylor. On aurait là une bonne raison de sortir du QE, et même sans doute d'en sortir plus vite que ce qui semble se dessiner.
Par ailleurs, on observe une évolution intéressante dans les écarts de chômage et d'inflation. À partir de 2009 et jusqu'à une période récente, le facteur « chômage » pesait de manière prépondérante dans la fonction de réaction de la Fed. Mais avec un taux de chômage qui a désormais effacé 60 % de la hausse cumulée durant la crise financière, les préoccupations sont en train de changer. C'est la faiblesse de l'inflation, davantage que l'excès de chômage, qui peut justifier le maintien d'une politique monétaire très assouplie.

Une fois enclenchée, la hausse des taux se poursuit à un rythme rapide, ce qui va à l'encontre de ce que la Fed envisage pour la sortie de la politique de taux zéro. Dans cette analyse, nous passons en revue les questions qui suscitent chez les membres du FOMC des analyses différentes et parfois contradictoires.Ces questions touchent en particulier aux deux grands piliers du mandat de la Fed, à savoir le plein emploi et la stabilité des prix, et aux risques associés. Depuis les travaux pionniers de John Taylor, il y a plus de vingt ans, il est usuel de décrire la fonction de réaction de la Fed en fonction de deux écarts : celui du chômage à son niveau de plein emploi (≈5.5 % à long terme) et celui de l'inflation par rapport à la cible de la banque centrale (2 %). Ce faisant, on comprend pourquoi la Fed a...
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