Le Réseau arabe pour les droits des migrants, qui regroupe des associations de la société civile de Jordanie, des Émirats arabes unis, de Bahreïn, du Koweït, d'Égypte, de la Libye et du Liban, a organisé sa quatrième conférence régionale sur la protection des employées de maison. L'événement s'est déroulé avec la participation de représentants des ambassades d'Égypte, de Norvège et du Bangladesh. Également parmi les participants, le lieutenant-colonel Ziyad Kaëd Bey, représentant le ministre sortant de l'Intérieur, et le directeur général p.i. du ministère du Travail, Abdallah Razzouk, représentant le ministre sortant du Travail.
« Nous travaillons pour unifier nos efforts pour protéger les droits des migrants et des travailleurs, car les problèmes se ressemblent dans l'ensemble du monde arabe, vu le regard négatif porté à cette catégorie de travailleurs ». C'est ainsi que Linda Kalache a présenté le réseau qu'elle préside, fondé il y a un an. Un réseau qui lutte contre le trafic d'êtres humains et pour les droits de l'homme. « Il est de notre devoir de reconnaître l'existence de problèmes et d'atteintes aux droits, comme par exemple les appellations de "domestiques" ou de "bonnes" qui sont données aux employées de maison », a-t-elle indiqué.
Mme Kalache n'a pas manqué d'évoquer la maltraitance dont sont victimes les employées de maison. Elle a également mentionné le problème posé par le système du garant, ou « kafil », qui prive le migrant d'indépendance et l'empêche de quitter son travail, sans oublier les salaires impayés. « Il n'existe jusque-là aucun contrôle sérieux sur la situation des travailleurs migrants, sur leur travail, sur leur mode de vie, leurs salaires, leur santé », a-t-elle déploré.
De son côté, le représentant du ministère du Travail, Abdallah Razzouk, a assuré que le Liban est engagé dans la lutte contre le trafic d'être humains. Il a reconnu que les autorités doivent réglementer le travail de la main-d'œuvre migrante. Parmi les mesures qu'elles doivent adopter, a-t-il reconnu, la signature de conventions bilatérales avec les pays d'origine des employées de maison, la création d'une commission nationale regroupant tous les acteurs concernés par le travail domestique, l'adoption d'une loi protégeant les employées de maison. Les autorités libanaises doivent également mettre un lexique ou guide à la disposition des migrantes non seulement en arabe, en français et en anglais, mais aussi dans les langues de ces travailleuses. Elles doivent aussi établir un contrat de travail en trois langues, et non seulement en arabe, et s'assurer que les assurances couvrent vraiment ces travailleuses sur le plan de la santé.
Enfin, le ministère du Travail estime que le terme « kafil », ou garant, est inexistant dans le processus d'embauche de la main-d'œuvre étrangère. « C'est plutôt d'employeur qu'il faudrait parler », a observé M. Razzouk, affirmant que son ministère lutte contre « les employeurs fantômes ».


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