« On est en train de faire peu de cas des chrétiens. » C'est par ces termes que le ministre de l'Énergie Gebran Bassil s'est adressé à la presse réunie à son domicile à Batroun. Bassil a évoqué les détails de la formation du gouvernement, précisant que ce qui se passe s'inscrit dans le cadre d'un feuilleton de marginalisation des chrétiens, consciemment ou non. Ce feuilleton a commencé, selon lui, avec la prorogation du mandat du Parlement, suivie de celle du mandat du commandant en chef de l'armée, « et nous craignons, a-t-il ajouté, que cette tendance ne se poursuive aussi au moment de l'échéance présidentielle et avec l'élaboration d'une nouvelle loi électorale ». Bassil a affirmé que ce feuilleton allie la réalité et les principes et porte sur le fond et la forme. « S'il se poursuit, a-t-il déclaré, il deviendra une habitude, et ensuite se transformera en règle. C'est pourquoi nous le rejetons, nous l'affrontons et nous résisterons. »
Bassil a déclaré qu'après Taëf, le Conseil des ministres est devenu le centre de la décision politique, sécuritaire, économique, administrative et stratégique du pays. Et avec l'adoption du principe de partage à égalité des ministres entre chrétiens et musulmans, il est devenu le lieu où le partage du pouvoir à égalité entre chrétiens et musulmans se concrétise. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle les décisions ordinaires au Conseil des ministres sont prises à la majorité simple. Les décisions extraordinaires sont prises à la majorité des deux tiers. Autrement dit, elles ne peuvent pas être adoptées si deux communautés importantes s'entendent entre elles aux dépens des autres. Selon Bassil, c'est cela l'esprit de Taëf et la philosophie de la participation, qui se traduit dans les concertations du Premier ministre désigné avec les blocs parlementaires pour dégager une formule de partage à égalité entre chrétiens et musulmans, selon l'article 95 de la Constitution. S'il y a un déséquilibre confessionnel, le gouvernement devient contraire à la Constitution. « Tout cela pour dire, a ajouté Bassil, que le Premier ministre désigné n'est pas le seul décideur au sujet de la formation du gouvernement. »
Le ministre de l'Énergie a encore précisé que le partenariat entre les chrétiens et les musulmans se traduit par une entente de principe sur la formation du gouvernement, sur sa structure et la distribution des portefeuilles, ainsi que sur son rôle et sur sa politique. « Les concertations ont donc un double objectif, a-t-il dit. Celui d'assurer au gouvernement la confiance du Parlement, d'une part, et de garantir son respect du Pacte national, de l'autre. C'est pourquoi Bassil a estimé que le respect du Pacte national impose à chaque camp de désigner ses représentants au sein du gouvernement, selon les portefeuilles qui lui sont accordés. De la sorte, chaque camp assumera la responsabilité du nom du ministre et du portefeuille qui lui est octroyé. »
Bassil a aussi estimé que le rôle du nouveau gouvernement se résume en trois priorités : assurer la stabilité du pays, répondre aux besoins des citoyens et permettre l'organisation de l'élection présidentielle à la date prévue. « Cela sous-entend, a-t-il ajouté, le fait d'empêcher l'éclatement d'une discorde entre les sunnites et les chiites. Or c'est le rôle normal des chrétiens. C'est aussi une responsabilité conjointe entre les chrétiens et les druzes. qui exige qu'on leur donne un rôle et un volume plus importants, mais aussi que l'on évite de créer de nouveaux nœuds, comme celui de la rotation des portefeuilles ou celui du choix des portefeuilles et de leur distribution par le Premier ministre désigné et le président de la République, seuls. » Bassil a salué le fait que le nœud de la déclaration ministérielle serait en train d'être surmonté, mais il a ajouté que le principe de la rotation des portefeuilles et le fait de ne pas consacrer un portefeuille à une communauté ou à un camp est sain s'il est adopté dans l'entente et la participation. Il a rappelé que son camp a été le premier à le proposer dans le cadre de l'organisme de gestion du secteur pétrolier et il a été adopté dans l'entente en Conseil des ministres. Il a encore ajouté qu'une rotation logique, efficace et juste dans les maroquins et dans l'administration publique doit se faire au début de tout nouveau mandat présidentiel ou parlementaire... Enfin, Bassil a estimé qu'aujourd'hui, le CPL est pris pour cible, mais à travers lui, c'est la communauté que l'on cherche à affaiblir et en fin de compte, c'est tout le Liban qui en pâtit... Il faudrait donc faire en sorte de rebâtir la confiance.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Les Aounistes ne représentant plus grand chose, au lieu de continuer une politique qui a prouvé son inefficacité et son échec tonitruant, ferais mieux de se remettre en cause et retourner au Bercail des principes de la souveraineté, de la liberté, de la démocratie et de l’indépendance. Les Aounistes, en s'alliant au Hezbollah, ont aliéné, de but en blanc, leur indépendance, puisque soutenu financièrement par l'Iran, aliénant du coup la souveraineté du Liban, ils ont bafoué la démocratie en participant et couvrant un coup d’état et bradé la liberté contre sonnantes et trébuchantes a travers quelques sièges qu'ils désirent voir immuables. Franchement c'est pathétique!
14 h 04, le 27 janvier 2014