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Nos lecteurs ont la parole - Jean-Paul Moubarak

Eh bien, dansons maintenant...

À l'instar de M. Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir (Le Bourgeois gentilhomme de Molière), il existe une catégorie d'individus qui exercent un art que peu de personnes maîtrisent avec tact et diplomatie.
Pour revenir au Bourgeois gentilhomme, voici ce que dit Molière à propos des arts : « Il y a plaisir (...) à travailler pour des personnes qui soient capables de sentir les délicatesses d'un art, qui sachent faire un doux accueil aux beautés d'un ouvrage. (...). La récompense la plus agréable des choses que l'on fait, c'est de les voir connues, de les voir caressées d'un applaudissement (...). »
Évidemment, sans dénigrer tous les arts tels que la danse ou la musique, incontestablement le plus brillant par les temps qui courent reste la politique. Qui aurait cru un jour que la politique allait passer pour un art ? Et pourtant...
C'est de loin le plus difficile. Nous en avons la preuve tous les jours, avec ceux qui croient marcher droit et ceux qui vont à contre-courant. Et nous en avons qui s'engagent à rebrousse-poil. Au Liban, dès que l'on remarque qu'une cascade est censée chuter, on s'ingénue à inventer des moyens pour que l'eau remonte et retourne à la source de la barbarie.
Critiquer les uns et les autres ou prendre parti ne sert plus à rien. Au final, tout le monde va condamner en sachant que la source est viciée.
Le Liban est une grande pièce de théâtre où tout le monde est le Roi-Soleil. Nous nous appliquons à exercer avec maestria l'art de la politique et les gens applaudissent et marchent avant de remarquer qu'ils vont trébucher. Car toutes ces bonnes gens apprécient cet art, sans pour autant le comprendre. La majorité ne cherche même plus à comprendre. Elle applaudit. Et quand elle commence à se douter de quelque chose, on invente une parade pour détourner l'attention ; enfin, si elle reste sans effets, on tape fort. Le résultat était clair durant les fêtes.
Maintenant, où en sommes-nous, Messieurs les artistes ? Vous avez voulu chanter ces six derniers mois. Eh bien dansez sur les conséquences de vos actes.
Tous les artistes se valent (à des degrés divers). Molière l'a également démontré quand les quatre maîtres s'entre-tuent pour savoir lequel est le meilleur (acte II, scène 3), tout en sachant qu'au final, les quatre vont être gagnants et le bourgeois va être arnaqué. Le bourgeois, c'est le peuple !

 

 

À l'instar de M. Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir (Le Bourgeois gentilhomme de Molière), il existe une catégorie d'individus qui exercent un art que peu de personnes maîtrisent avec tact et diplomatie.Pour revenir au Bourgeois gentilhomme, voici ce que dit Molière à propos des arts : « Il y a plaisir (...) à travailler pour des personnes qui soient capables de sentir les délicatesses d'un art, qui sachent faire un doux accueil aux beautés d'un ouvrage. (...). La récompense la plus agréable des choses que l'on fait, c'est de les voir connues, de les voir caressées d'un applaudissement (...). »Évidemment, sans dénigrer tous les arts tels que la danse ou la musique, incontestablement le plus brillant par les temps qui courent reste la politique. Qui aurait cru un jour que la politique allait passer pour un...
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