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Nos lecteurs ont la parole - Nicole Abdul Massih

Un rêve parti en fumée

Il y a quelques années, nous avions rêvé d'un changement. Nous avions espéré voir un peuple marcher côte à côte, drapeaux libanais à la main, venant de toutes les directions, pour se retrouver tous unis et réunis à la place des Martyrs. Nous avions un rêve : vivre enfin, sereinement, sans drapeaux jaune, bleu, rouge ou orange. Nous avions un rêve, nous retrouver tous dans notre pays, au sein de notre famille, et rattraper le temps perdu.
Il y a quelques années, notre cœur vibrait encore d'amour et d'espoir. Il y a quelques années, les projets les plus fous se forgeaient. Il y a quelques années, on parlait de retour, aujourd'hui on parle de départ. Aujourd'hui le pays court lentement mais sûrement à la catastrophe, et nos chers politiciens sont occupés à se regarder et à s'accuser mutuellement plutôt que de remplir la mission pour laquelle ils ont été élus et pour laquelle ils sont rémunérés, au lieu de mettre leur énergie à essayer de trouver un terrain d'entente qui pourrait sauver le pays. En contribuant à sa destruction, vous n'existerez plus, ni les uns ni les autres.
Entre-temps, le peuple s'appauvrit, la sécurité est inexistante : des citoyens meurent, d'autres émigrent, les derniers se morfondent, de peur et de frustration. Des magasins ouvrent, d'autres ferment. Des projets se font, d'autres se défont. Les familles sont disséminées. Rien ne marche, tout se dégrade, même et surtout les esprits....
Le pays se désintègre et les spectateurs sont nombreux. Le peuple est écœuré, les dirigeants « occupés » et le monde indifférent.
Vous avez tué notre rêve, mais ne tuez pas le pays, il ne vous appartient pas.
Nous en sommes tous les gardiens, les gardiens des Libanais, de tous les Libanais, les gardiens de l'environnement et de la nature : ne permettons pas que des signes de destruction et de mort accompagnent la marche du Liban.

Nicole ABDUL MASSIH

Il y a quelques années, nous avions rêvé d'un changement. Nous avions espéré voir un peuple marcher côte à côte, drapeaux libanais à la main, venant de toutes les directions, pour se retrouver tous unis et réunis à la place des Martyrs. Nous avions un rêve : vivre enfin, sereinement, sans drapeaux jaune, bleu, rouge ou orange. Nous avions un rêve, nous retrouver tous dans notre pays, au sein de notre famille, et rattraper le temps perdu.Il y a quelques années, notre cœur vibrait encore d'amour et d'espoir. Il y a quelques années, les projets les plus fous se forgeaient. Il y a quelques années, on parlait de retour, aujourd'hui on parle de départ. Aujourd'hui le pays court lentement mais sûrement à la catastrophe, et nos chers politiciens sont occupés à se regarder et à s'accuser mutuellement plutôt que de remplir...
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