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Nos lecteurs ont la parole - Lina Sleiman

Dégagez !

Un pays. Des bombes. Des explosions. Des morts.
Un pays. Une plaie. Une déchirure. Des cicatrices.
Un pays. Des chaînes de télé. Des oiseaux de mauvais augure.
Mon pays.
À quand la fin de tous ces assassinats? De toutes ces cruautés? De tout ce sang versé?
À quand la fin de tous ces sacrifices humains ? De la crème de nos penseurs ? Nous vivons dans un cauchemar qui semble s'éterniser. Nous en avons assez de vous regarder, de vous entendre surtout, perdus dans des bavardages inutiles, dans des logorrhées confuses que vous-mêmes ne croyez plus, employant tout ce lexique savant à la Molière, qui ne fait cependant pas rire car vide de sens, et qui, au contraire, nous fait pleurer. Toutes ces images de mort, tous ces jeunes morts, tous ces blessés innocents, les voyez-vous ? Les avez-vous jamais vus ?
Vous ne faites que dénoncer, que lancer des accusations à tort et à travers. Vous conduisez le pays à une absurde guerre de religions digne de la période de l'obscurantisme du Moyen Âge, version XXIe siècle. Arrêtez de défendre la cause des autres, de parler de la guerre des autres. Regardez votre pays, ce pays que vous faites saigner à coups de rafales de mitrailleuse; de bombes. Nul n'est à l'abri, ne l'avez-vous pas compris encore? Ne l'avez-vous pas suffisamment expérimenté? Nous ne voulons plus de vos bombes, de votre guerre, de votre cécité. C'est nous qui mourons, éternels martyrs pour des guerres que vous avez choisies et que vous nous imposez. Vous n'entendez pas vos discours absurdes. Vous êtes tous sourds aux paroles des autres, et vous tenez tous des discours racistes, fanatiques et inadmissibles. Et vous vous pavanez, fiers, prétendant que c'est vous qui calmez les esprits ! Mensonges ridicules!
Nous Libanais avons
jusque-là réussi – fragilement – à ne pas entrer dans votre guerre. Fragile est notre résistance. Laissez-nous en paix!

 

Un pays. Des bombes. Des explosions. Des morts.Un pays. Une plaie. Une déchirure. Des cicatrices.Un pays. Des chaînes de télé. Des oiseaux de mauvais augure.Mon pays.À quand la fin de tous ces assassinats? De toutes ces cruautés? De tout ce sang versé?À quand la fin de tous ces sacrifices humains ? De la crème de nos penseurs ? Nous vivons dans un cauchemar qui semble s'éterniser. Nous en avons assez de vous regarder, de vous entendre surtout, perdus dans des bavardages inutiles, dans des logorrhées confuses que vous-mêmes ne croyez plus, employant tout ce lexique savant à la Molière, qui ne fait cependant pas rire car vide de sens, et qui, au contraire, nous fait pleurer. Toutes ces images de mort, tous ces jeunes morts, tous ces blessés innocents, les voyez-vous ? Les avez-vous jamais vus ?Vous ne faites que dénoncer,...
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