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Nos lecteurs ont la parole - Émile Sfeir

Sauvez le Liban

Le Liban a toujours suivi une politiques modérée et de bon voisinage avec les pays proches et lointains, malgré les incursions des uns et les ingérences des autres, tous amis, mais qui ne cessaient de lui réclamer des droits et de sous-estimer son autorité et son indépendance.
Nous ne pouvons pas oublier les époques de Abdel Nasser ou de Hafez el-Assad qui voulaient chacun mettre la main sur le Liban et l'orienter dans des directions qui leur étaient propres au détriment de ses intérêts supérieurs. Malheureusement, beaucoup de Libanais avaient suivi ces courants politiques antisouverainistes et s'étaient laissé aller, durant plusieurs décennies du siècle passé, à demander la fusion avec ces pays voisins, voire la Syrie et la République arabe unie formée par l'union de la Syrie avec l'Égypte.
Actuellement, nous assistons à un scénario identique, avec cette fois pour acteur principal l'Iran qui veut mettre la main sur le Liban. Naturellement et comme d'habitude, de connivence avec des partis politiques libanais prêts à sacrifier leur libanité en échange d'un soutien qui leur permettrait d'assouvir leurs visées politiques et leur rêve du pouvoir.
Entre-temps, le parti de Dieu s'est enraciné chez nous avec l'aide insidieuse de la Syrie, qui l'a chargé de défendre le Liban des attaques israéliennes au lieu de libérer son plateau du Golan, occupé par Israël depuis 1967. Ce parti se met sous la houlette de l'Iran pour défendre et exécuter ses plans politiques qui englobent toutes les régions musulmanes du Moyen-Orient et pour rayer Israël de la carte de la région.
Faut-il rappeler ici qu'Israël, depuis sa création en 1947 et jusqu'en 1967, n'a pas donné de signes sérieux de vouloir occuper le Liban. Ces deux pays voisins, bien qu'ils soient toujours ennemis, vivaient dans un voisinage calme, régi par la convention d'armistice conclue en 1948 sous les auspices des Nations unies. Cette situation de fait qui a duré vingt ans s'est brusquement dégradée quand le Liban, sous la pression de l'Égypte et de la Syrie, s'est désisté de son autorité sur une partie du Liban-Sud au profit des Palestiniens et leur a accordé la prédominance complète sur ce territoire qui a pris le nom de « Fatehland. C'est à partir de cette région que les Palestiniens ont voulu libérer la Palestine, en harcelant Israël par des tirs d'abus et des offensives vengeresses. Ce qui a eu pour résultat une riposte de celui-ci, qui a entrepris de pilonner les régions libanaises et d'opérer des incursions armées au-delà des frontières jusqu'à arriver à l'occupation du Liban en 1982.
C'est vrai que la résistance islamique du Hezb a permis de libérer en 2006 une grande partie des territoires occupés, au prix d'immenses dégâts subis par le Liban. Mais cette victoire est éphémère, puisque les Israéliens, tel qu'on les connaît et grâce à leur puissance militaire, ne pouvaient indéfiniment se résigner à accepter cet échec. Israël se prépare activement et attend l'occasion propice pour se venger en occupant et annexant le Liban-Sud, comme il l'a déjà fait pour le plateau du Golan syrien pour profiter au mieux des eaux du Litani, qu'il convoite depuis longtemps et dont il a tant besoin.
Fier de sa victoire « divine », de ses 90000 fusées et missiles, sayyed Hasan Nasrallah, en plusieurs occasions, n'a cessé de nous surprendre par son éloquence grandement médiatisée, par son doigt brandi haut et par les bras tendus de ses milices qui scandent d'une seule voix : « Mort à Israël ! ». Le sayyed ne sait-il pas que la communauté internationale, à travers les Nations unies, a voté la résolution 1701 qui protège le Liban tout autant qu'Israël de toute ingérence ? Ne sait-il pas aussi que son intervention armée en Syrie ne fait qu'attiser le conflit sunnito-chiite pour le grand bonheur d'Israël ? Il le sait très bien, mais ses discours s'adressent particulièrement aux Libanais pour barrer la route de tout accord politique des forces en présence de crainte qu'il ne lui soit demandé de se débarrasser de ses armes et pour arriver ainsi au vide constitutionnel à tous les niveaux et ouvrir la voie à un nouveau système politique dont il serait l'acteur principal.
C'est à vous, chrétiens du Liban, à quelque bord que vous apparteniez, de savoir lire clairement les intentions des uns et des autres, pour vous transcender les profits et intérêts personnels et trouver une solution pour sauver le Liban avant qu'il ne soit trop tard.

Émile SFEIR
Ingénieur

Le Liban a toujours suivi une politiques modérée et de bon voisinage avec les pays proches et lointains, malgré les incursions des uns et les ingérences des autres, tous amis, mais qui ne cessaient de lui réclamer des droits et de sous-estimer son autorité et son indépendance.Nous ne pouvons pas oublier les époques de Abdel Nasser ou de Hafez el-Assad qui voulaient chacun mettre la main sur le Liban et l'orienter dans des directions qui leur étaient propres au détriment de ses intérêts supérieurs. Malheureusement, beaucoup de Libanais avaient suivi ces courants politiques antisouverainistes et s'étaient laissé aller, durant plusieurs décennies du siècle passé, à demander la fusion avec ces pays voisins, voire la Syrie et la République arabe unie formée par l'union de la Syrie avec l'Égypte.Actuellement, nous...
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