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Liban

Le commissariat de Hobeiche change de nom et devient un modèle

FSI

Le commissariat de Ras Beyrouth est le premier à appliquer la méthode de la police de proximité, indissociable de la confiance des citoyens dans les institutions.

17/01/2014

C'est un nouveau visage accueillant, sobre et modernisé du commissariat de Hobeiche-rue Bliss, qui s'est révélé hier. Plus d'un an après le début des travaux de réhabilitation, les nouveaux locaux portent désormais le nom de « commissariat de Ras Beyrouth ».
Cette désignation neutre n'est pas fortuite : elle accompagne le projet pilote pour lequel ce commissariat servira de support, celui de la mise sur pied d'une police de proximité au Liban. L'ancien bastion de la police des mœurs au Liban, qui avait longtemps inspiré une appréhension collective au fil de récits sur la sévérité de ses interrogatoires, est désormais le premier « commissariat modèle » du pays.

Doté d'une nouvelle équipe finement sélectionnée et formée dans l'esprit du respect des droits de l'homme, il fonctionne désormais sur les bases du partenariat avec les citoyens, qui a inspiré la méthode dite de la police de proximité.
Celle-ci tend en effet à combattre la délinquance à l'échelle du quartier où elle est établie en y assurant une omniprésence, relayée par la confiance des citoyens. Elle se manifeste par la multiplication des patrouilles, la normalisation de la présence des agents dans l'espace public, que l'on verra bientôt circuler à vélo sur la corniche, l'archivage numérisé des crimes et des informations utiles, l'accélération des mécanismes de réponse aux situations de détresse. La prévention du crime s'en trouve tout autant améliorée. Cette réforme devrait notamment produire des effets palpables sur les cas de violence domestique.

Une conférence de presse au West Hall de l'Université américaine de Beyrouth, précédant l'inauguration officielle du bâtiment Hobeiche, a présenté les bases du projet de commissariat modèle, initié il y a 18 mois par la Direction générale des Forces de sécurité intérieure. Il s'inscrit dans le cadre d'un projet plus large de planification stratégique, qui avait permis notamment l'élaboration d'un nouveau code de conduite des agents.

La réhabilitation et l'équipement du commissariat Hobeiche et la formation des agents ont été entièrement financés par les ambassades des États-Unis et de Grande-Bretagne. L'ambassadeur britannique, Tom Fletcher, a d'ailleurs pris part à la cérémonie aux côtés de Richard Mills, représentant l'ambassadeur des États-Unis, et de Peter Dorman, président de l'Université américaine de Beyrouth.

Au large public d'officiers des FSI réuni, à leur tête le directeur général des FSI p.i. le général Ibrahim Basbous, se sont joints le mohafez de Beyrouth, Nassif Alouche, représentant le ministre sortant de l'Intérieur, la juge Nada Asmar, représentant le procureur général p.i., les représentants du directeur de la Sûreté générale, du commandant en chef de l'armée et du directeur de la Sûreté de l'État, ainsi que les mokhtars de Ras Beyrouth.

La richesse de la localité
Modérant les interventions, le responsable du département des relations publiques des Forces de sécurité intérieure, le colonel Joseph Moussallem, a mis l'accent sur « l'unité nécessaire, pour servir la justice, entre les FSI et les citoyens de tout âge, toute catégorie et toute confession ».

Le choix de la localité de Ras Beyrouth s'explique. L'inspecteur général des FSI, le général Pierre Nassar, qui préside la commission de gestion du projet de police modèle, a longuement décrit la variété des établissements (pédagogiques, touristiques et bancaires) et la richesse identitaire de la région choisie. Peter Dorman a décrit le développement urbain de Ras Beyrouth, dont l'AUB « est un élément indélébile ». Il a relevé la richesse de son architecture, qui contraste aujourd'hui avec « la triste multiplication des mendiants dans les rues ».

Le tissu sociologique d'une région, qui en fait un indicateur de la situation politique et économique du pays, serait le lieu optimal pour tester l'efficience d'une police de proximité au Liban.
Résumant l'essence de cette méthode, le général Nassar a précisé qu'elle marque « le passage de la perception du citoyen comme ennemi potentiel, à sa perception comme partenaire et acteur de la coopération avec les FSI ».

« Citoyens, nous vous tendons la main »
La méthode en question devrait en contrepartie inciter les citoyens à plus de confiance dans le professionnalisme des FSI, et à repérer « leur courtoisie, leur traitement égalitaire, leur transparence et leur fermeté ».
« Nous vous tendons la main en espérant que vous ferez de même pour nous. Le commissariat a été réaménagé pour vous accueillir de la meilleure façon possible », a-t-il déclaré, rappelant que le (long) chemin de réforme ne fait que commencer.

D'ailleurs, le directeur général des FSI p.i., le général Ibrahim Basbous, est revenu sur « la constante évolution des FSI depuis leur création en 1861 ». Si la police de proximité est « une philosophie de l'organisation et une nouvelle méthode du travail policier », elle « ne tend pas à un changement radical des méthodes de la police traditionnelle, dont elle reste un complément, non un substitut », a relevé le général Basbous. Parvenir néanmoins à cette complémentarité serait en soi une consécration du « règne et de la souveraineté de la loi », a-t-il conclu.


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Pierre Hadjigeorgiou

Bonne chance et espérons qu'elle sera efficace non seulement a Ras Beyrouth mais partout ailleurs et en particulier dans le fiefs des mafieux de la banlieue Sud et de la Bekaa.

M.V.

Il manque sur leurs vélos ...un gros klaxon...!

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