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Culture - Événement

Quinze artistes, dont Gavras et Migliori, exposés à Photomed-Beyrouth

C'est avec le vernissage des œuvres de l'Italien Nino Migliori et en présence (pétillante) de l'artiste que le festival Photomed a inauguré hier soir sa série d'expositions et de projections disséminées entre le siège social de la Byblos Bank, le centre-ville, l'Institut français et Station, jusqu'au 16 février.

Serge Akl entouré de Philippe Heullant et de Nada Tawil. Photo Michel Sayegh

Le festival Photomed réunit depuis quatre ans artistes, photographes amateurs ou professionnels, de renom ou jeunes talents, au cours d'une exposition dans le sud de la France. En 2013, le pays du Cèdre en était l'invité d'honneur. Aujourd'hui, Photomed s'exporte à Beyrouth, au cœur de la Méditerranée et de ses cultures, pour proposer l'essentiel de son édition 2013.
Un plongeon dans la Méditerranée, ses couleurs, ses saveurs, ses images. Un voyage au cœur des instantanés de capteurs de vies, de faiseurs d'images issus de pays méditerranéens, plus précisément de l'Italie, de la Grèce, de la France et du Liban, pays d'accueil et d'honneur de cette manifestation jeune mais riche qu'est Photomed, « un festival de découvertes et de redécouvertes », comme l'a décrit son directeur artistique Jean-Luc Monterosso lors d'une conférence de presse hier, à l'hôtel Le Gray, où l'on notait la présence des cofondateurs du festival, Philippe Heullant et Philippe Serenon, du commissaire Philippe Edwards, de Serge Akl, directeur de l'Office du tourisme du Liban, et du photographe Tony Hage, commissaire de la partie libanaise.

Étaient également présents : Henri Lebreton, directeur de l'Institut français du Liban, conseiller de coopération et d'action culturelle ; la directrice des relations publiques et média à Solidere, Randa Armanazi ; Nada Tawil, représentant la Byblos Bank, et Rana Nsouli, general manager de l'hôtel Le Gray.

Monterosso, également fondateur et directeur de la Maison européenne de la photographie, ajoute par ailleurs que Photomed Beyrouth 2014 est l'occasion de rendre hommage à de grandes figures de la photographie méditerranéenne comme Fouad Elkoury ou Nino Migliori, dont la présentation de l'œuvre à la Byblos Bank proposée par Alessandra Mauro constitue, avec les photographies inédites du grand cinéaste Costa-Gavras aux Jewellery Souks, les moments forts du festival.

«Nino Migliori s'inscrit dans la tradition du néoréalisme italien mais se distingue par ses recherches constantes et ses expérimentations. Quant à Costa-Gavras, on découvrira ses formidables portraits – présentés pour la première fois à Beyrouth – de Simone Signoret, Yves Montand, Salvador Allende, Régis Debray, Jorge Semprun... reflets de ses amitiés et de ses engagements », ajoute Monterosso. Fouad Elkoury a rassemblé à la SV gallery (Saifi village) les photographies de son Liban natal, symphonie subtile de paysages intérieurs et spirituels.
« À la galerie Ex-Maqam (Saïfi village), la jeune photographie libanaise (Joanna Andraos, Émile Issa, Mazen Jannoun, Ghadi Smat, Caroline Tabet, Tanya Traboulsi et Lara Zankoul) est à l'honneur, sous l'œil expert du commissaire Tony Hage, qui lui expose aux Jewellery Souks ses portraits, pour la plupart inédits, des années 80 », note encore le commissaire français. « Les Jewellery Souks et la galerie 169 accueillent le travail de deux photographes grecs : Katerina Kaloudi, qui nous livre une vision inattendue de la Grèce d'aujourd'hui, et Stratis Vogiatzis qui décrit la vie des pêcheurs en Haute Méditerranée à travers des images troublantes et puissantes. »

Mais la Méditerranée revit aussi à l'Institut français à travers les architectures du Marseillais Jacques Filiu : « Marseille précisément », ainsi qu'à travers le regard du photographe Guy Mandery dans « La Méditerranée de nos jours ». « Ce dernier, historien et critique, expose des images réalisées au cours de ses voyages et séjours en Grèce, Sicile, Tunisie, et plus récemment au Liban, précise Monterosso. Enfin l'art vidéo est présenté dans l'espace Station avec une sélection de la collection de la Maison européenne de la photographie (Paris) et la collaboration amicale de Barbara Polla. Avec cette première édition de Photomed au Liban, puisse Beyrouth s'inscrire désormais dans la lignée des grandes capitales photographiques », a conclu le directeur artistique de Photomed.

Philippe Heullant a, pour sa part, indiqué que la tenue de ce festival aujourd'hui à Beyrouth en ces temps incertains affirme haut et fort que « nous sommes là pour soutenir nos amis libanais, pour dire que la culture est là pour nous unir ».

En 2013, Photomed a accueilli plus de 50 000 visiteurs. Le Liban y était à l'honneur, avec un artiste phare, Fouad Elkoury, et des jeunes talents émergents. Alors pourquoi le Liban ? « Parce que c'est un petit pays par la taille, mais il est grand par ses talents. » Et parce que l'équipe du festival est « tombée amoureuse du pays », ils ont décidé de tenir un Photomed hors les murs pendant un mois, à Beyrouth.

Hier se déroulait donc le vernissage de l'exposition des œuvres de Nino Migliori au siège central de la Byblos Bank, Achrafieh. En présence du flamboyant octogénaire, qui a lancé plusieurs flammes lors de la conférence de presse en assurant à la ronde avoir « eu le coup de foudre pour Beyrouth » à la seconde même où il y a posé le pied. Se déclarant impatient de s'y promener, son objectif au poing.

À ne pas rater donc ce soir, à partir de 17h30, les vernissages de Fouad Elkoury (SV Gallery), de la jeune photographie libanaise (ex-Maqam Gallery) et les Grecs de Katerina Kaloudi (Gallery 169), tous à Saifi Village. Puis direction, à bord des navettes, les Souks de Beyrouth pour y admirer les portraits signés Costa Gavras et Toni Hage. Demain samedi, à 12h, rendez-vous à l'Institut français pour l'inauguration des expositions de Guy Mandery et de Jacques Filiu. Puis, à 18h30, à Station – Jisr el-Wati pour visionner des vidéos de la collection de la Maison européenne de la photographie : « Subak » de Marie Bovo, « Clerk » d'Ali Kazma, « Coagulate » de Mihai Grecu et « Antepénultième – Daoura » d'Alain Kantarjian.

À signaler pour finir que Photomed a instauré, en collaboration avec l'Institut français du Liban, un concours de photographie annuel dont le lauréat sera invité à exposer à Sanary en France. Le second sera exposé à l'Institut de Beyrouth. « Avec ce concours, le Liban sera toujours avec nous », conclut Philippe Heullant en invitant les photographes libanais à venir présenter leur portfolio aujourd'hui vendredi et demain samedi, dans l'après-midi, pour une rencontre avec les responsables de Photomed.


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