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Économie - Liban

Satisfaction en demi-teinte pour les journaliers d’EDL réintégrés au sein de KVA

La grève des journaliers d'EDL mardi matin et les discussions avec le ministre sortant du Travail ont porté leurs fruits : ils ont été réintégrés au sein de l'entreprise KVA. Mais les craintes quant à leur avenir à moyen et long terme n'ont pas disparu.

Mardi, les journaliers licenciés et leurs collègues avaient bloqué l’autoroute Beyrouth-Dora, causant des embouteillages monstres. Photo Michel Sayegh

« Les 62 journaliers d'Électricité du Liban (EDL) qui avaient été licenciés le 9 janvier par KVA ont été réintégrés », a annoncé hier le ministre sortant du Travail Sélim Jreissati après s'être entretenu avec les représentants de la société. « Je les ai convoqués à la première heure pour leur signifier l'urgence et la gravité du conflit à régler », a-t-il confié à L'Orient-Le Jour. « L'accord s'est fait sans tergiversation ou réserve aucune et il a été tout simplement convenu d'appliquer la loi dans ses moindres détails, notamment l'article 50 du code du travail », a affirmé M. Jreissati. Dans les détails, le ministre a demandé à KVA de réembaucher les 62 journaliers et de ne plus procéder à de tels licenciements collectifs sans déposer un préavis d'un mois réglementaire auprès du ministère du Travail, comme il est stipulé dans le code du travail.


De son côté, la société privée a considéré qu'« une nouvelle phase est désormais ouverte » et qu'elle mettrait à la disposition du ministère une série de documents et de justificatifs pour faire valoir son droit. « Entre-temps et avant les résultats définitifs de l'enquête, nous nous engageons à ne licencier aucun journalier », ont assuré les représentants de KVA. Mais mardi soir, la société privée avançait d'autres motifs pour justifier la mise à la porte des 62 journaliers. « Le contrat que nous avons signé avec EDL le 2 avril 2012 prévoyait de rediriger certains des journaliers vers le concours de la fonction publique et d'alléger ainsi le surplus d'employés. » Comme le projet n'a jamais été approuvé, la société a considéré qu'elle était en droit de se défaire de certains de ses salariés « car ils représentaient un coût trop élevé pour l'entreprise ».

 

Inquiétude persistante
Concernant la suite de l'affaire et des intentions de KVA à long terme, M. Jreissati s'est voulu rassurant, indiquant que « toute cette affaire se réglera sous l'égide de la loi » et qu'« aucun journalier ne sera discriminé ou licencié abusivement ».


Ces affirmations n'ont cependant pas totalement apaisé les journaliers. « Nous sommes satisfaits de la
solution trouvée, mais nous avons demandé à nous entretenir avec le ministre Jreissati pour connaître en détail les dessous de sa réunion avec les représentants de KVA », a confié à L'Orient-Le Jour un membre du comité des journaliers, Bilal Bajouk. Sa crainte, comme celle des autres journaliers, est que KVA utilise le code du travail pour licencier, dans l'avenir, au cas par cas, « en utilisant de faux prétextes ». Selon lui, l'accord qui a été conclu il y a deux ans – entre les responsables politiques concernés, EDL et les entreprises privées – puis reformulé en projet de loi, est un cas particulier, qui ne devrait pas permettre le licenciement des journaliers, même dans le cadre de la loi.


Rappelons que ce projet de loi prévoit l'instauration d'un concours auprès du conseil de la fonction publique pour recruter et cadrer les journaliers dans les différents services d'EDL, mais il n'a toujours pas été approuvé par le Parlement et il est prévu depuis des mois dans la prochaine session de l'assemblée plénière. « Nous sommes satisfaits provisoirement au sein de l'entreprise, mais il ne faut pas oublier que notre objectif final est d'être cadré au sein de l'institution et rien ne nous fera reculer », a conclu M. Bajouk.

 

Pour mémoire

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« Les 62 journaliers d'Électricité du Liban (EDL) qui avaient été licenciés le 9 janvier par KVA ont été réintégrés », a annoncé hier le ministre sortant du Travail Sélim Jreissati après s'être entretenu avec les représentants de la société. « Je les ai convoqués à la première heure pour leur signifier l'urgence et la gravité du conflit à régler », a-t-il confié à L'Orient-Le Jour. « L'accord s'est fait sans tergiversation ou réserve aucune et il a été tout simplement convenu d'appliquer la loi dans ses moindres détails, notamment l'article 50 du code du travail », a affirmé M. Jreissati. Dans les détails, le ministre a demandé à KVA de réembaucher les 62 journaliers et de ne plus procéder à de tels licenciements collectifs sans déposer un préavis d'un mois réglementaire auprès du...
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