Le congrès de Koweït adoptera-t-il la demande libanaise de répartir les réfugiés syriens sur son territoire dans d'autres pays ou bien se contentera-t-il de leur accorder un budget plus important que celui de l'an dernier ? Cette question était hier sur toutes les lèvres, d'autant que le nombre de réfugiés syriens au Liban a désormais dépassé la barre du million et demi, entre ceux qui sont enregistrés et ceux qui attendent de l'être. Dans les coulisses du congrès, on avance la somme impressionnante de six milliards et 500 millions de dollars. Mais rien n'est encore certain. Par contre, ce qui est sûr, c'est que l'émir du Koweït compte adresser aux Syriens, qu'ils soient du régime ou de l'opposition, un appel à un cessez-le feu humanitaire pour permettre de faire passer les aides à ceux qui en ont besoin et qui sont pris en otages pas les combats.
Le congrès s'ouvrira ce matin au palais Bayan en présence de l'émir du Koweït et du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, et avec la participation de délégations de 69 pays et de 24 associations. La délégation libanaise est présidée par le Premier ministre démissionnaire Nagib Mikati. Un film documentaire sur la tragédie des réfugiés syriens sera diffusé et des discours seront prononcés, dont celui de Mikati qui expliquera que le Liban est en train de supporter bien plus que ses moyens le lui permettent.
Interrogé par L'Orient-Le Jour, le responsable de l'information des Nations unies Nagib Freiji a expliqué que depuis le déclenchement du conflit en Syrie, 40 % de la population syrienne a été contrainte à l'exode. 9,3 millions de Syriens sont devenus soit des déplacés, soit des réfugiés et ont besoin d'une aide quotidienne. Le congrès tenu l'an dernier a permis de réunir la somme de 1,5 milliard de dollars qui ont été utilisés pour aider les situations les plus urgentes. Mais au cours de l'année écoulée, la situation s'est gravement détériorée et c'est la raison de la tenue de ce second congrès. Selon Freiji, ce congrès doit aussi lancer un appel pressant aux parties en conflit pour permettre le passage des aides internationales, sinon le pays se dirige vers une véritable tragédie humaine, inacceptable à notre époque. Freiji a précisé que les pays qui ont si généreusement accueilli les déplacés syriens, comme le Liban, la Turquie, la Jordanie et l'Égypte, devraient aussi coopérer entre eux. D'autant que l'Irak vient à son tour de recevoir son lot de réfugiés en quelques jours. Selon lui, le conflit syrien a eu des répercussions négatives sur les économies et la composition sociale des pays voisins. C'est pourquoi il est urgent et primordial d'aboutir à un accord politique qui mette un terme à ce conflit. Freiji a déclaré que l'ONU réclamera 1,5 milliard de dollars. Ce qui est considéré comme la somme la plus élevée jamais réclamée par l'ONU dans le cadre des crises humanitaires. À la question de savoir pourquoi la demande libanaise de distribuer les réfugiés syriens sur d'autres pays arabes a été rejetée, Freiji s'est contenté de répondre que l'ONU s'occupe seulement d'assurer des aides humanitaires...
Liban
Le congrès de Koweït se penche sur les malheurs de 9 millions de déplacés syriens
OLJ / Par KOWEÏT, de Khalil FLEYHANE, le 15 janvier 2014 à 00h00


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