Dans un entretien accordé à L'Orient-Le Jour, le président du conseil d'administration de Butec*, Nizar Younès, revient sur l'affaire des licenciements à KVA et sur les défis du secteur de la distribution électrique. « Quand nous avons signé en avril 2012 les contrats avec les journaliers d'EDL, il est vrai que nous pensions qu'une partie d'entre eux seraient repris par EDL après avoir passé le concours. » Mais le surplus d'employés ne pose aujourd'hui pas de problème à Butec. « Nous avons formé tout notre personnel et il y a un sentiment d'appartenance à une entreprise où ils se sentent en confiance. » Pour lui, la satisfaction est réelle et réciproque. « Notre plus grand défi aujourd'hui est de prouver que le secteur privé est capable de pallier les carences structurelles qui gangrènent le réseau électrique depuis des décennies. »
Pour donner un exemple précis, M. Younès relève les économies à faire sur le réseau en limitant au maximum les pertes, grâce à l'amélioration des infrastructures et la mise en place de compteurs intelligents. « Les résultats d'un projet pilote dans un village du Nord ont été très concluants et ont démontré qu'il était possible de réduire les pertes dans la collecte de factures de 40 % à moins de 8 % du total de la production d'électricité ». Ainsi, à 23 cents le kilowatt, et avec une production électrique de l'État 24 heures sur 24, les économies seraient de 600 millions de dollars par an rien que pour la région nord du pays ou environ 1,8 milliard de dollars pour l'ensemble du pays. « Cela représente le montant que le Trésor transfert tous les ans à EDL et qui saigne les finances publiques, mais cela représente également un manque énorme à gagner pour les mafias du réseau électrique. »
*L'une des trois entreprises libanaises, aux côtés de KVA et Debbas, qui assure la gestion déléguée du réseau de distribution pour le compte d'EDL.

