Le cercueil d’Ariel Sharon, recouvert du drapeau bleu et blanc frappé de l’étoile de David, a été déposé sur un socle de marbre noir au bout de l’esplanade de la Knesset, hier. Menahem Kahana/AFP
Israël a rendu hommage hier au général Ariel Sharon, dont le cercueil était exposé jusqu'en fin d'après-midi devant le Parlement à Jérusalem.
Selon le professeur Shlomo Noy, Ariel Sharon, élu chef du gouvernement en 2001 et réélu en 2003, est « mort paisiblement » d'une défaillance cardiaque à 85 ans, entouré par sa famille. « Il n'est plus. Il est parti quand il l'a décidé », avait déclaré le fils du défunt, Gilad, aux journalistes à l'hôpital Sheba à Tel Hashomer, près de Tel-Aviv, samedi.
Le décès d'« Arik » (diminutif d'Ariel), mort samedi à 85 ans après huit ans de coma, a plongé Israël dans une atmosphère de deuil national, avant son enterrement aujourd'hui dans sa ferme familiale du sud du pays.
Des milliers d'Israéliens de toute condition ont défilé toute la journée devant son cercueil recouvert du drapeau bleu et blanc frappé de l'étoile de David et déposé sur un socle de marbre noir au bout de l'esplanade de la Knesset, le Parlement.
Là, des gardes d'honneur veillaient la bière. Un chantre militaire et des rabbins ont psalmodié des prières de deuil.
Dans la file, des soldats côtoyaient des juifs ultraorthodoxes en habit noir, un groupe de prêtres éthiopiens se mêlait à des familles. Le visage grave, certains priaient silencieusement tandis que d'autres allumaient des bougies. Beaucoup regrettaient le charisme et la bravoure du 11e chef de gouvernement d'Israël. Des navettes d'autobus avaient été spécialement mises en place pour éviter des embouteillages.
Le Conseil des ministres hebdomadaire, présidé par Benjamin Netanyahu, a observé une minute de silence. Le Premier ministre a de nouveau salué en son rival politique – avec lequel il ne s'entendait guère – un de « nos plus éminents dirigeants et de nos plus audacieux commandants ».
Sa mémoire vivra « à jamais dans le cœur de la nation », avait affirmé samedi M. Netanyahu en exprimant son « profond chagrin ». « Il a été d'abord et surtout un guerrier courageux et un grand chef militaire, un des plus grands des forces armées israéliennes », a-t-il souligné.
Le président Shimon Peres, dernier représentant de cette génération des fondateurs d'Israël, a salué son « cher ami, Arik », « un soldat courageux et un dirigeant audacieux qui aimait sa nation et que sa nation aimait ».
« On dit que les vieux soldats ne meurent jamais mais qu'ils disparaissent. Arik Sharon a disparu il y a huit ans et aujourd'hui, nous lui disons au revoir pour de bon », a déclaré pour sa part la ministre de la Justice, Tzipi Livni, dans une tribune publiée hier.
Aujourd'hui, une cérémonie officielle sera organisée à partir de 09h30 (07h30 GMT) à la Knesset, avant des funérailles militaires en début d'après-midi à la ferme des Sycomores, le ranch de la famille Sharon, non loin de la frontière avec Gaza. Ariel Sharon a souhaité y être inhumé aux côtés de sa seconde épouse Lily. Ses deux fils, Gilad et Omri, ainsi que le chef d'état-major Benny Gantz prononceront les éloges funèbres.
Compte tenu de la proximité de la bande de Gaza contrôlée par le mouvement islamiste palestinien Hamas, la police israélienne devait dépêcher des renforts dans le sud du pays, où est déjà déployé le système antimissile mobile « Iron Dome » (Dôme de fer).
Le vice-président américain Joe Biden, l'ex-Premier ministre britannique Tony Blair, émissaire du quartette pour le Proche-Orient, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov et le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier, en visite officielle au même moment, participeront à l'hommage officiel au Parlement.
Toutefois, la plupart des pays ne dépêcheront que des représentants subalternes.
Panégyriques
Tous les médias israéliens consacraient hier leur une à la mort de l'ancien chef de guerre et homme fort de la droite nationaliste, avec force panégyriques, photos et témoignages de compagnons d'armes.
« Il fut un génie, à la fois généreux et cruel », résumait l'éditorialiste Shalom Yerushalmi dans le Maariv. L'influent commentateur Nahum Barnea rappelait dans le Yediot Aharonot qu'Ariel Sharon « incarnait tout ce que les "pères de la nation" rêvaient de voir avec la génération de leurs fils nés en Israël : beau, fort, travailleur de la terre et soldat toute sa vie ».
Même à gauche, le quotidien Haaretz, pourtant farouche adversaire de Sharon, lui tressait des couronnes. « Depuis le départ de Sharon, Israël manque d'un leadership politique qui reconnaisse les limites de la force, maintienne l'alliance avec les États-Unis et fasse preuve de courage dans les Territoires (palestiniens) sans se laisser impressionner par les colons. »
Reportage à Sabra et Chatila
« Ma réaction à sa mort ? Je veux jouer de la musique et chanter »
Selon le professeur Shlomo Noy, Ariel Sharon, élu chef du gouvernement en 2001 et réélu en 2003, est « mort paisiblement » d'une défaillance cardiaque à 85 ans, entouré par sa famille. « Il n'est plus. Il est parti quand il l'a décidé », avait déclaré le fils du défunt, Gilad, aux journalistes à l'hôpital Sheba à Tel Hashomer, près de Tel-Aviv, samedi.Le décès d'« Arik » (diminutif d'Ariel), mort samedi à 85 ans après huit ans de coma, a plongé Israël dans une atmosphère de deuil national, avant son enterrement aujourd'hui dans sa ferme familiale du sud du pays.Des milliers d'Israéliens de toute condition ont défilé toute la journée devant son cercueil...




Trump annonce une reprise des négociations lundi, l'Iran dément
Ariel Sharon un criminel de guerre que l 'Histoire n 'oubliera jamais .
13 h 49, le 13 janvier 2014