Cette photo de presse prise et diffusée par l'Union européenne le 16 septembre 2026 montre la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen (à gauche), serrant la main du Premier ministre canadien Mark Carney lors de son discours annuel devant le Parlement européen à Strasbourg, dans l'est de la France. AFP PHOTO / UNION EUROPÉENNE / CHRISTOPHE LICOPPE
Le projet d'association entre l'Union européenne et le Canada n'est aucunement une alliance anti-américaine, a tenté de rassurer Bruxelles jeudi, après des menaces de représailles du président des Etats-Unis, Donald Trump. Sur fond de désamour avec les Etats-Unis, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a proposé mercredi que le Canada puisse devenir le premier pays « membre associé » de l'UE, en présence du Premier ministre Mark Carney.
« La proposition de renforcement de notre partenariat avec le Canada n'est dirigée contre personne », a souligné Olof Gill, porte-parole de la Commission en matière de Commerce. Donald Trump a menacé mercredi de rompre les échanges commerciaux avec l'UE en réaction à cette proposition. « Je trouve cela ridicule », a déclaré le président américain aux journalistes lorsqu'il a été interrogé sur le sujet. « S'ils font cela, si j'estime qu'il s'agit d'un acte hostile, j'imposerai des droits de douane très lourds ou je cesserai tout commerce avec l'Europe », a-t-il lancé.
Le dirigeant canadien s'apprête à s'exprimer ce jeudi devant les eurodéputés au Parlement européen.
Ursula von der Leyen a également proposé que ce pays nord-américain rejoigne le futur « Conseil européen de sécurité », qu'elle appelle de ses voeux. Au sein des Vingt-Sept, la France a salué le projet d'approfondissement de la relation entre l'Union européenne et le Canada. « Nous avons vocation à créer des liens toujours plus étroits avec le Canada », a déclaré le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, sur la chaîne d'informations LCI. Jean-Noël Barrot a toutefois ajouté que ce projet devra être « débattu, décortiqué, analysé » avant que la France ne prenne une position définitive.
Le Canada, en pleine guerre commerciale avec les Etats-Unis de Donald Trump, cherche de nouveaux partenaires. De son côté, l'Europe, dont les relations avec Washington sont tout aussi houleuses, est en quête d'appuis à sa stratégie de rééquilibrage entre les deux superpuissances que sont la Chine et les Etats-Unis.
Le statut de membre associé évoqué pour le Canada n'est pas juridiquement défini par les traités de l'UE. Mais l'Allemagne a récemment proposé que l'Ukraine en bénéficie. Berlin avait alors suggéré que ce pays puisse assister à certaines réunions ministérielles ou à des sommets de l'UE, sans toutefois disposer d'un droit de vote.