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Moyen-Orient - Iran

Les civils iraniens pris en étau entre répression extrême et guerre, selon des enquêteurs de l'ONU

La mission onusienne pointe des crimes de guerre américains en Iran, notamment avec la frappe sur l'école de Minab en février au premier jour de l'offensive.

Les civils iraniens pris en étau entre répression extrême et guerre, selon des enquêteurs de l'ONU

Un passant devant l'école de Minab, endommagée lors d'une frappe le 28 février, à Minab, en Iran, le 27 août 2026. Majid Asgaripour/WANA (West Asia News Agency) via REUTERS

La population civile iranienne se trouve prise au piège entre une répression étatique « extrême » et l'impact de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février par des frappes israélo-américaines, ont alerté jeudi des enquêteurs de l'ONU. La mission relève en outre disposer de motifs raisonnables de croire que les États-Unis étaient à l'origine de deux frappes militaires contre une école et une installation sportive en Iran en février, et que celles-ci constituaient des crimes de guerre.

Les civils « sont pris entre de graves violations des droits humains et des crimes contre l'humanité commis par leur propre gouvernement, et le conflit meurtrier opposant le pays aux Etats-Unis et à Israël », a déclaré la Mission internationale indépendante d'établissement des faits sur l'Iran.

« Escalade significative » de la répression iranienne

Dans son dernier rapport qui doit être présenté lundi au Conseil des droits de l'Homme, elle établit que la réaction de Téhéran face aux manifestations de l'hiver dernier « marque une escalade significative par rapport au passé ». Les enquêteurs constatent une montée en puissance « tant par l'ampleur des violences et des homicides que par les efforts déployés pour couper les liens entre les communautés et avec le monde extérieur, le recours à des lois répressives et l'utilisation croissante de la peine de mort comme instrument d'intimidation et de contrôle ».

Le mouvement de contestation, qui avait initialement débuté fin décembre pour protester contre la hausse du coût de la vie, s'était rapidement transformé en vastes protestations antigouvernementales, qui ont culminé les 8 et 9 janvier. Des ONG parlent d'une répression ayant fait des milliers de morts, quand le pouvoir a fait état de plus de 3.000 morts, imputant les violences à des « actes terroristes » orchestrés par les Etats-Unis et Israël. La mission accuse les forces de sécurité d'avoir « procédé à des meurtres à une échelle stupéfiante dans les 31 provinces », les bilans les plus lourds ayant été signalés à Téhéran, Karaj (ouest de Téhéran), Machhad (nord-est), Ispahan (centre) et Rasht (nord). En outre, souligne-t-elle, « des dizaines de milliers de personnes ont été privées de liberté dans le cadre d'arrestations et de détentions arbitraires à grande échelle », parfois assorties de « tortures » et de placements en isolement. Les autorités avaient par ailleurs suspendu l'accès à l'internet international pendant les manifestations, puis de nouveau à partir du 28 février, au début des frappes américaines et israéliennes contre le pays, pour plusieurs mois. Depuis le début du conflit, le gouvernement iranien a « intensifié son recours à la peine de mort contre les manifestants », avancent les enquêteurs, affirmant qu'entre mars et août 2026, au moins 29 hommes ont été exécutés « à l'issue de procès expéditifs » en lien avec les manifestations. « Plus de 70 personnes, dont cinq femmes et trois garçons, restent exposées à un risque imminent d'exécution », ajoutent-ils.

Le rapport conclut que nombre de ces violations constituent des « crimes contre l'humanité, notamment des meurtres, des emprisonnements, des actes de torture et d'autres actes inhumains ». La guerre, qui a fait des milliers de morts, a également porté un coup sévère à l'économie iranienne.

Crimes de guerre américains

Par ailleurs, les experts de l'ONU ont indiqué disposer de motifs raisonnables de croire que les forces américaines étaient responsables d'une attaque contre l'école primaire Shajareh Tayyibeh de Minab, où plus de 150 personnes ont été tuées, dont environ 120 écoliers, selon des responsables iraniens. L'attaque constituait une frappe indiscriminée ayant causé des morts parmi les civils et endommagé des infrastructures civiles, ce qui équivaut à un crime de guerre au regard du droit international, a conclu la mission.

Selon le rapport, les États-Unis se sont appuyés sur des renseignements suggérant la présence d'un haut commandant militaire iranien sur le site, mais n'ont pas suffisamment vérifié cette information avant de lancer la frappe. Les enquêteurs ont estimé que le défaut d'actualiser les renseignements de ciblage et de confirmer que le bâtiment constituait un objectif militaire allait au-delà d'une simple négligence. « Les États-Unis ont au contraire dirigé les frappes vers le bâtiment de l'école tout en étant conscients d'un risque substantiel de toucher un bien civil, et ont agi de façon irresponsable quant à la possibilité que cela se produise. »

En juin, le président américain Donald Trump avait affirmé que « personne » n'avait délibérément attaqué une école de filles en Iran en février, citant une enquête menée sur l'incident. Reuters avait initialement rapporté qu'une première enquête militaire interne américaine indiquait que les forces américaines étaient probablement responsables de la frappe meurtrière à Minab, dans le sud de l'Iran. Le Pentagone a depuis élevé le niveau de l'enquête, mais n'en a publié aucune conclusion préliminaire.

Les experts de l'ONU ont estimé que l'école constituait un bien civil clairement identifiable et n'ont trouvé aucune preuve qu'elle ait été utilisée à des fins militaires. Les experts sont parvenus à une conclusion similaire concernant une frappe sur un centre sportif à Lamerd. Le rapport indique que l'attaque a endommagé des bâtiments résidentiels et une école situés à proximité, et tué ou blessé 22 civils. Il conclut que la frappe était indiscriminée et constituait donc un crime de guerre. Le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) avait déclaré dans un communiqué en mars que les forces américaines n'avaient mené aucune frappe sur la ville de Lamerd ce jour-là.

La population civile iranienne se trouve prise au piège entre une répression étatique « extrême » et l'impact de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février par des frappes israélo-américaines, ont alerté jeudi des enquêteurs de l'ONU. La mission relève en outre disposer de motifs raisonnables de croire que les États-Unis étaient à l'origine de deux frappes militaires contre une école et une installation sportive en Iran en février, et que celles-ci constituaient des crimes de guerre.Les civils « sont pris entre de graves violations des droits humains et des crimes contre l'humanité commis par leur propre gouvernement, et le conflit meurtrier opposant le pays aux Etats-Unis et à Israël », a déclaré la Mission internationale indépendante d'établissement des faits sur l'Iran.«...
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