Parce que les négociations vont bon train pour la mise en place d'un nouveau gouvernement, tout le monde se veut optimiste, mais certaines parties continuent de faire part de leurs griefs tout en affirmant ne pas vouloir empêcher la naissance d'une nouvelle équipe ministérielle.
Conseiller du président Michel Sleiman et ancien ministre et député, M. Khalil Hraoui a évoqué un « climat positif » et assuré, dans une déclaration à l'agence al-Markaziya, qu'un gouvernement neutre verra le jour au cas où il serait impossible de former un cabinet politique. Mais, a-t-il précisé, « on s'oriente vers un gouvernement politique sur base de la formule 8-8-8 qui prévoit en outre l'alternance au niveau des portefeuilles ministériels ». Il a cependant affirmé ne pas pouvoir donner de date ou de délais pour la mise en place du gouvernement Salam, tout en estimant que ce sera « plutôt proche ».
Le même optimisme est exprimé au Sérail où le ministre sortant de l'Information, Walid Daouk, a été reçu hier par le Premier ministre démissionnaire, Nagib Mikati. Citant son hôte, M. Daouk a indiqué que ce dernier lui a fait part des efforts déployés pour mettre en place une nouvelle équipe ministérielle et relevé que les choses avancent dans le bon sens.
Dans les milieux politiques, cet optimisme est cependant atténué. Au sein du bloc parlementaire du Changement et de la Réforme, les points de vue divergent. Au moment où le député Salim Salhab affirmait à la Voix du Liban-100,3 que le bloc ne se posera pas en obstacle à la formation d'un gouvernement et que la situation actuelle, notamment au plan de la sécurité, « nous pousse à accepter ce qui nous est proposé à ce sujet », son collègue, Alain Aoun, tenait un langage plus tranché en faisant état de « nombreux obstacles ». Lui aussi a indiqué que le bloc est soucieux de faciliter la naissance d'une nouvelle équipe ministérielle, mais il a exprimé des réserves sur les formules proposées, notamment le niveau de représentation des forces politiques. « L'alliance entre le 8 Mars et le CPL est forte de 58 députés. Elle ne doit pas être donc écartée de la participation à la prise de décisions engageant le sort du pays et doit pour cela avoir les deux tiers +1 des voix en Conseil des ministres. C'est l'esprit de Taëf, d'autant que cette alliance représente plus de 50 % du peuple », a-t-il dit.
Au sein du 14 Mars, le député Atef Majdalani soulignait que la mise en place d'un gouvernement est tributaire de la réponse du 8 Mars à quelques questions qu'il a précisées dans le cadre d'une entrevue à al-Markaziya : le 8 Mars va-t-il insister sur la nomination d'un ministre-roi ? Va-t-il laisser au président et au Premier ministre désigné la liberté de nommer les ministres et de distribuer les portefeuilles ? Va-t-il renoncer à l'équation armée-peuple-résistance au profit de la neutralité du Liban dans la déclaration ministérielle ? « Nous avons choisi de poser ces questions avant d'entrer dans les détails de la composition du gouvernement. Si nous obtenons des réponses pouvant paver la voie à une entente politique et à un partenariat national authentique, notre réaction à la formation du gouvernement sera alors positive », a affirmé M. Majdalani.


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