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Nos lecteurs ont la parole - Anastasia Saadé

L’antipolitique

27 décembre 2013, alors que je roule sur l'autoroute à 9h05, j'aperçois un énorme nuage gris, de la fumée couvrant les immeubles de Beyrouth. La politique, la guerre, le sang, le vote, la démocratie, le gouvernement... Mais avant tout et surtout le pouvoir, le pouvoir et encore le pouvoir. Je l'ai immédiatement su, sans l'ombre d'un doute. C'est un attentat... Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi tant de terreur ? N'était-il pas plus simple d'utiliser un silencieux ? Au lieu de faire sursauter tout un peuple au bout d'une nuit paisible. Comment savourer ces journées de vacances, avec la perpétuelle peur qu'un matin, ce matin, la vie de plusieurs compatriotes va s'achever ?
Sommes-nous donc en sécurité ? Est-ce si difficile d'assurer la sécurité d'un aussi petit pays ? Où sont nos hommes politiques ? Hélas, ils ne gouvernent pas pour et avec leur peuple, mais contre et par-dessus le peuple. Quel homme politique fidèle à un pays et à un peuple peut les laisser à l'abandon, vulnérables à tous les attentats ? Et puis voyons, à qui profitent nos abonnements mensuels inutiles, sinon aux propriétaires de générateurs ? Pourquoi n'avons-nous pas d'usines d'épuration de l'eau ? D'usines pour recycler nos déchets ? Pourquoi la Jordanie, située à quelques kilomètres, se porte mieux que nous ?
Certes, l'instabilité politique affecte tout le Moyen-Orient. Mais à qui profite cette situation ? Ne serait-ce pas le prétexte idéal pour détourner notre attention ? Pour nous voler ? N'est-il pas vrai que certains profitent du chaos pour s'enrichir, pour construire des villas sur la côte ou encore changer de voiture ? Depuis 2006, les prix des aliments de base ont doublé et l'immobilier dans la capitale a explosé. Le peuple s'appauvrit et les gouvernants continuent à étaler leur richesse. Pour en rajouter une couche, demandez-vous où furent investies toutes les aides internationales ? L'heure de virer ces charlatans et de les remplacer par des personnes humbles, altruistes et dévouées n'a-t-elle pas sonné ?
La plupart des bacheliers libanais entreprennent de hautes études dans les meilleures institutions, qu'elles soient libanaises ou étrangères. Ils occupent des postes de grandes responsabilités en Europe et aux États-Unis. Ne disons pas que ces jeunes dynamiques et pleins d'ambitions ne peuvent gouverner ! Ils possèdent toutes les compétences nécessaires pour le faire. Et nous continuons à subir un clan de vieux aux mentalités démodées qui nous volent, nous mentent et nous manipulent. Vivement leur départ ! Places aux plus jeunes !
Alors assez de domination, d'emprise et de colonisation !
Assez de corruption, d'accords intéressés et de détournements de fonds. Nous n'avons besoin ni de l'Est ni de l'Ouest pour gouverner notre pays. Passons d'un régime d'influence à un régime indépendant et intègre. Nous avons les moyens, les outils et les intelligences pour y parvenir. Cessons d'assassiner pour éviter de confronter ! Il est temps d'avancer, de tourner la page et d'écrire notre propre histoire, en respectant les avis de tous autant divergents soient-ils. Cela paraît certes utopique, mais l'espoir fait vivre, alors vivons de cet espoir. Appel aux jeunes : mobilisez-vous pour la présidentielle..., les législatives ! Portez-vous candidats ! Quand vous étiez enfants, vous rêviez de changer le monde : l'occasion est là d'écrire une nouvelle page de l'histoire du Liban, pour le peuple libanais, dans un État libanais.

Anastasia SAADÉ

27 décembre 2013, alors que je roule sur l'autoroute à 9h05, j'aperçois un énorme nuage gris, de la fumée couvrant les immeubles de Beyrouth. La politique, la guerre, le sang, le vote, la démocratie, le gouvernement... Mais avant tout et surtout le pouvoir, le pouvoir et encore le pouvoir. Je l'ai immédiatement su, sans l'ombre d'un doute. C'est un attentat... Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi tant de terreur ? N'était-il pas plus simple d'utiliser un silencieux ? Au lieu de faire sursauter tout un peuple au bout d'une nuit paisible. Comment savourer ces journées de vacances, avec la perpétuelle peur qu'un matin, ce matin, la vie de plusieurs compatriotes va s'achever ?Sommes-nous donc en sécurité ? Est-ce si difficile d'assurer la sécurité d'un aussi petit pays ? Où sont nos hommes politiques ? Hélas, ils ne gouvernent pas...
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