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Nos lecteurs ont la parole - Georges Sabat

Une solution de rechange

Je suis l'objet ces derniers temps de plusieurs démarches de la part de groupes sociaux qui en ont assez de la situation actuelle. C'est bon, mais ça ne suffit pas. La preuve ? Le 14 mars 2005 qui a réuni plus d'un million de manifestants et n'a pas eu malheureusement de résultats tangibles pour le Liban autre le fait que la dette publique a crû de quelque vingt-huit milliards de dollars en neuf ans, tandis que le pays se développait à pas de tortue.
Si l'on veut protester effectivement contre un état de fait, il faut avoir dans la poche une solution de rechange. Ce fut la cause de la quasi faillite des divers « printemps arabes » qui hurlaient « À bas les dictateurs, à bas les corrompus ». Bravo ! Mais une fois ces individus partis ou éliminés, par qui et par quoi compte-t-on les remplacer et que va-t-on faire au juste ?
C'est ce que la plupart des manifestants ne savaient malheureusement pas. Un expert tunisien de l'éducation le déclarait il y a deux ans à l'USEK : « Nous avons chassé le régime corrompu, mais maintenant nous devons de nouveau faire appel à plusieurs de ses membres parce que nous ne savons pas comment opérer. »
C'est le cas chez nous aussi, malheureusement. La jeunesse ne sait pas. C'est pourquoi, avant de descendre dans la rue et protester, il faut qu'elle commence par apprendre – et il y a beaucoup à apprendre. Il faudrait aussi que nos éducateurs les aident dans ce sens. Cela n'a pas toujours été le cas, malheureusement. Les principes d'une bonne gouvernance publique s'apprennent, comme les mathématiques ou les sciences, mais peu d'universités s'en rendent compte, qui craignent d'aborder des sujets politiques. Commençons par le commencement. Réunissons-nous avec nos éducateurs et convainquons-les de modifier leurs programmes et d'y inclure les sujets essentiels qui comptent. Ce savoir pourrait, un jour, nous éviter une réédition douleureuse de la guerre civile de 1975.

Georges SABAT

 

Je suis l'objet ces derniers temps de plusieurs démarches de la part de groupes sociaux qui en ont assez de la situation actuelle. C'est bon, mais ça ne suffit pas. La preuve ? Le 14 mars 2005 qui a réuni plus d'un million de manifestants et n'a pas eu malheureusement de résultats tangibles pour le Liban autre le fait que la dette publique a crû de quelque vingt-huit milliards de dollars en neuf ans, tandis que le pays se développait à pas de tortue.Si l'on veut protester effectivement contre un état de fait, il faut avoir dans la poche une solution de rechange. Ce fut la cause de la quasi faillite des divers « printemps arabes » qui hurlaient « À bas les dictateurs, à bas les corrompus ». Bravo ! Mais une fois ces individus partis ou éliminés, par qui et par quoi compte-t-on les remplacer et que va-t-on faire au...
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