Si le Congrès venait à remporter les élections face au parti d’opposition Bharatiya Janata Party, Rahul Gandhi, 43 ans, pourrait être le prochain Premier ministre indien. (Photo d’archives) Prakash Singh/Files/AFP
Le Premier ministre indien Manmohan Singh a annoncé hier sa retraite politique après les élections prévues cette année et appelé l'héritier de la dynastie Gandhi, Rahul, à lui succéder en cas de victoire improbable du parti du Congrès. « Dans quelques mois, après les élections législatives, je remettrai le pouvoir à un nouveau Premier ministre », quel que soit le résultat du scrutin, a-t-il dit lors de sa première conférence de presse en trois ans.
Le Congrès, dirigé par la mère de Rahul, Sonia Gandhi, pourrait officiellement désigner son candidat au poste de chef du gouvernement dès la prochaine réunion de son comité directeur, le 17 janvier. À 43 ans, Rahul, arrière-petit-fils de Nehru et petit-fils de la Première ministre Indira Gandhi assassinée en 1984, fait l'objet de toutes les attentes depuis l'assassinat de son père Rajiv, en 1991. Toujours célibataire, il a longtemps paru se dérober aux obligations de son illustre lignée avant d'accepter le poste de numéro deux du Congrès en janvier 2013. Homme discret, élégant et sportif, il a fait ses études en Angleterre et aux États-Unis. Des télégrammes diplomatiques américains révélés par WikiLeaks le qualifiaient en 2004 d'« homme sans consistance ». Selon les sondages, le Congrès a toutefois très peu de chances de remporter les élections prévues d'ici au mois de mai face au parti d'opposition Bharatiya Janata Party, formation hindoue nationaliste dirigée par Narendra Modi.
« Présidant au massacre d'innoncents »
Manmohan Singh, 81 ans, en a profité pour livrer une charge sans précédent contre Modi, chef du gouvernement local de l'État du Gujarat. L'homme a été mis en cause pour son rôle controversé dans les émeutes religieuses de 2002, lors desquelles 2 000 personnes, essentiellement des musulmans, avaient trouvé la mort dans le Gujarat peu après son arrivée au pouvoir. « Il serait catastrophique pour le pays d'avoir Narendra Modi comme Premier ministre », a dit Manmohan Singh. M. Modi n'a pas fait la preuve de ses qualités de leader en « présidant au massacre d'innocents », a-t-il ironisé.
M. Modi a récemment bénéficié d'un non-lieu dans ce dossier, mais une femme à qui il avait confié un portefeuille ministériel a été condamnée à 28 ans de prison.
(Source : AFP)

