Au moins 32 civils et 71 combattants d'el-Qaëda ont été tués hier dans de nouveaux affrontements opposant le réseau extrémiste à des tribus locales et aux forces de sécurité dans la province d'al-Anbar, en Irak.
Les combattants de l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL, lié à el-Qaëda) contrôlent depuis jeudi plusieurs secteurs de Ramadi et Fallouja, que les combattants extrémistes ont déclaré « État islamique ». Selon un officier de police, « les combats à Ramadi (...) étaient accompagnés par un déploiement supplémentaire d'el-Qaëda » dans le centre et l'est de la ville, alors que « la police et des combattants des tribus continuent de se déployer à travers la ville ». Les insurgés de l'EIIL ont gagné du terrain à la faveur de combats à l'aube dans le centre de Ramadi, et ont déployé des tireurs de précision dans une rue. À Fallouja, un colonel de police a précisé que le quart de la ville restait sous contrôle de l'EIIL, alors que les forces de sécurité et des tribus contrôlent le reste de la cité et ses alentours. Un témoin a raconté qu'à Fallouja, « plusieurs centaines de combattants cagoulés ont encerclé la place de la prière après le sermon hebdomadaire de l'imam (...) et plusieurs d'entre eux sont montés sur le podium arborant des bannières d'el-Qaëda ».
Les combats avaient éclaté lundi à Ramadi, après le démantèlement d'un camp de protestataires antigouvernementaux présenté par le gouvernement comme un « repaire d'el-Qaëda ». Les violences se sont ensuite propagées à Fallouja. Aucun bilan global des cinq jours de violences n'était disponible hier. « La puissance, l'emprise territoriale et l'influence (de l'EIIL) s'étend sur al-Anbar depuis un moment, mais se concentrait surtout sur des zones rurales désertiques », souligne Charles Lister, chercheur au Brookings Doha Center. Mais le démantèlement du camp de Ramadi a poussé des tribus sunnites à s'opposer au gouvernement, et l'EIIL « a profité de cette vague de colère populaire sunnite », ajoute-t-il.
La province à majorité sunnite d'al-Anbar est devenue depuis plus d'un an un haut lieu de la contestation contre le Premier ministre chiite Nouri al-Maliki, accusé d'accaparer le pouvoir et de marginaliser les sunnites. Fallouja et Ramadi avaient été des bastions de l'insurrection ayant suivi l'invasion américaine de l'Irak en 2003. Deux ans après le retrait des derniers soldats américains en décembre 2011, Bagdad peine à faire face aux insurgés, enhardis par le conflit en Syrie voisine et le mécontentement de la minorité sunnite.
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13 h 11, le 04 janvier 2014