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Nos lecteurs ont la parole - Molly Selwan

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L'année 2013 s'est achevée! Elle a drainé avec elle: les événements mortels qui ont agité les jours et les nuits du Proche-Orient ; le souvenir des martyrs de Syrie, d'Égypte, du Liban et ceux d'autres pays, morts au nom d'une liberté inaccessible. L'année s'en est allée, exhalant les derniers soupirs d'une période caractérisée par un combat politico-communautaire entre les deux principaux pôles de l'islam et qui a embrasé toute la contrée. Elle s'en est allée, emportant avec elle cette phase imprégnée de déclarations et de contestations, flux de promesses mensongères, d'affirmations contradictoires qui jaunissent et s'effritent, comme les feuilles à l'automne de la vie. Elle s'est estompée avec le brouillard d'une tempête nommée Alexa détruisant les rêves de plus de deux millions de réfugiés dans les tentes de toile en Jordanie, en Turquie, au Liban et ailleurs. Cette année n'en finissait pas d'agoniser avec les mourants et les blessés : vieillards, femmes et enfants victimes de la guerre déclarée par le régime syrien contre son peuple ; une population devenue la cible de barils, bourrés de TNT et de morceaux de métal, largués à partir d'avions militaires et d'hélicoptères. Témoin de la naissance du takfirisme et des groupuscules fanatiques qui se multiplient comme des amibes dans toute la région.
Cet intervalle de 365 jours aura été marqué par la ronde infernale des enlèvements, des maltraitances et des crimes contre les religieux et religieuses, les chrétiens en Égypte, en Syrie, comme en Irak et en d'autres pays de cette terre. Une page honteuse de l'histoire sera écrite, qui nous ramènera à une époque où l'on massacrait les chrétiens, leur interdisant de pratiquer leur religion.
À ce point de mon écrit, j'appelle les pays qui monnayent ces armées de l'ombre à arrêter de les soutenir, car, sans armes, les terroristes n'auront plus les moyens de nuire. Ainsi donc, les effluves de la discorde, de la destruction et de la ruine ont terminé en chute libre la fin d'une année dans le calendrier. Qu'il soit lunaire de 355 jours selon le calendrier hégirien, ou solaire selon les calculs romains et ceux du pape Grégoire XIII, qui lui donna son nom de calendrier grégorien, sans oublier le calendrier julien, suivi par l'Église orthodoxe, ce cycle marque, pour nous libanais, une année de plus, à avoir espéré l'impossible. Ce que plus de trente ans de guerre n'ont pu réaliser, je me demande quel miracle le fera. Quel miracle transformera le maronite, l'orthodoxe, le druze, le sunnite et le chiite en patriotes. Ce petit pays qui s'appelle Liban, au climat paradisiaque, célèbre par ses cèdres depuis l'aube des temps, réceptacle d'une nature verdoyante, chanté par les poètes et décrit par les romantiques du XIXe siècle – pour ne citer
qu'Alphonse de Lamartine et Ernest Renan –, est maltraité par ses propres dirigeants. Il est dommage de voir nos politiciens flirter avec le vide, gaspiller ce temps si précieux à trahir la confiance du peuple et à détruire les institutions par une inaction totale. Messieurs les ministres, vu l'incompétence, la corruption, les malversations, qui ont marqué votre passage dans vos départements respectifs, on peut déduire que ce n'est pas le patriotisme qui vous étouffe. Je pense qu'il serait honnête de votre part de distribuer les salaires, que vous avez touché au cours de cette année passée à ne rien faire aux pauvres victimes de votre négligence. Ce sera votre cadeau de fin d'année à ceux qui ont subi les pénuries d'eau et d'électricité, les incidents de santé dus aux médicaments et aux produits avariés, les dégâts matériels dus aux inondations, les enlèvements, les vols et les crimes dus à l'insécurité, et j'en passe.
Il est des fins qui inspirent d'éternels recommencements. L'année 2014 corrigera les fautes, elle réparera les injustices sociales. Je ne crois plus au père Noël, mais je veux continuer à croire en l'amour du prochain, cet amour que l'Enfant Jésus, fils de Dieu, nous a transmis à travers les Évangiles. Je veux croire en l'amour qui transforme les montagnes de haine et de détritus en colline de mansuétude et de fleurs. Je veux croire en la victoire de la bonté, de la beauté et du bien, sur la méchanceté, la laideur et le mal. Je souhaite à mon pays la paix et la prospérité, et à tous les Libanais de s'élever au-dessus des vaines et mesquines querelles, qu'elles soient politiques ou communautaires, de crainte qu'elles ne dégénèrent en affrontements sans fin, car, comme le dit un vieux dicton : « Si tu plonges ton regard vers l'abîme, l'abîme te regardera lui aussi. »
À ceux dont les larmes se sont taries, asséchées par les pleurs, aux mères ayant perdu un enfant ou deux, peut- être même trois, dans une guerre qui n'est pas la leur, pour une cause qui n'est pas la leur, dans un pays qui n'est pas le leur, que Dieu en Sa sainte miséricorde leur donne la paix de l'âme en cette nouvelle année.

 

L'année 2013 s'est achevée! Elle a drainé avec elle: les événements mortels qui ont agité les jours et les nuits du Proche-Orient ; le souvenir des martyrs de Syrie, d'Égypte, du Liban et ceux d'autres pays, morts au nom d'une liberté inaccessible. L'année s'en est allée, exhalant les derniers soupirs d'une période caractérisée par un combat politico-communautaire entre les deux principaux pôles de l'islam et qui a embrasé toute la contrée. Elle s'en est allée, emportant avec elle cette phase imprégnée de déclarations et de contestations, flux de promesses mensongères, d'affirmations contradictoires qui jaunissent et s'effritent, comme les feuilles à l'automne de la vie. Elle s'est estompée avec le brouillard d'une tempête nommée Alexa détruisant les rêves de plus de deux millions de réfugiés dans les tentes...
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