Nous aussi, nous sommes des admirateurs de sayyed Hassan! Surtout après son dernier discours où il a été encore plus magistral. À ceux qui ne l'ont pas encore compris, le sayyed a mis les points sur ses « i »: ce qui est à nous est à nous; ce qui est à vous est à vous et à nous.
En langage décodé, ça veut clairement dire : l'État Hezbollah est à nous. L'État libanais est à vous et à nous. Et comme nous bénéficions du droit de veto imposé par notre interprétation de la Constitution et par notre puissance de feu, nous sommes en mesure d'empêcher toute solution ne bénéficiant pas de notre bénédiction.
Et voilà comment le Liban arrive à inventer un nouveau concept en science politique! Après la démocratie confessionnelle et la démocratie consensuelle, nous voici à l'aube de la démocratie du « moi ou le chaos ». Car c'est de cette réalité qu'il s'agit avant tout : soit le Hezbollah impose sa volonté, soit c'est le blocage, prélude au chaos.
Et malheur au président Sleiman s'il manifeste la moindre velléité de rébellion!
Et pour couronner le tout, on commence à nous
chuchoter d'être encore plus vigilants et de prendre très au sérieux les différentes « tournures de doigts », sinon il n'y aura plus de président de la République et encore moins de président chrétien, voire plus de République.
Bien entendu, on pouvait ruminer dans notre coin en attendant des jours meilleurs. Mais c'est au-delà de notre nature. Nous nous devons de répondre et de mettre à notre tour les points sur les « i » de tout le monde.
Si ce qui est à vous est à vous, ce qui est à nous ne sera plus désormais qu'à nous et à nous tous seuls. Et ça sera pleinement de votre faute.
Vous avez claironné devant tout le monde : que personne ne joue avec nous.
À notre tour de vous dire : ne nous essayez pas.
Si, jusqu'à ce jour, nous avons choisi de maintenir un profil bas, c'est parce que nous espérons toujours votre retour à la raison républicaine. Cette République est notre bien commun à tous. Mais si vous persistez à vouloir saper ses fondations, nous pouvons vous rassurer qu'elle est loin d'être orpheline. Elle aussi, elle a ses « moujahidine ».
Et nous pouvons d'ores et déjà vous annoncer le résultat : vous aurez peut-être votre semblant de République ; mais le Liban libre aura certainement la sienne.
Vous avez peut-être le nombre, la puissance de feu et le goût du martyre, mais vous n'avez pas l'essentiel : vous n'avez pas le droit. Et vous ne l'aurez jamais.
Nous et le droit sommes sur cette terre depuis l'aube des temps. Et nous le resterons, soyez-en persuadé. Bien après vous.


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M. Nammour, si le Hezb dit: "Ce qui est a nous est a nous", c'est normal. Et, quand il dit: "Ce qui est a vous est a vous ET A NOUS AUSSI", il a raison car le Liban appartient a tous les Libanais, le Hezb compris. Je ne vois pas pourquoi le Hezb n'appartiendrait pas au Liban comme toutes les autres factions, partis et autres communautes, etc... Mais ce qui serait genial, c'est qu'on en finisse avec cet Etat confessionnel et qu'on ait un Etat laic et la religion deviendra une question purement personnelle.
20 h 56, le 02 janvier 2014