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Liban - Liban

Consensus de façade pour un déblocage très incertain sur tous les fronts

Le discours truffé de menaces et autres mises en garde du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, aura eu pour effet de briser la morosité politique dans laquelle le pays s'est enlisé depuis plusieurs semaines et qui s'était accentuée avec l'approche des fêtes de fin d'année. Son retentissement a en effet dépassé le cadre des réactions qu'il suscite normalement, pour relancer la dynamique autour de la formation d'un nouveau gouvernement.

Le chef du PSP, Walid Joumblatt, a rebondi sur le discours du leader du Hezbollah pour mettre en garde à son tour contre un gouvernement du fait accompli et le président Michel Sleiman s'est empressé de mettre les points sur les i, rappelant, par le biais de diverses déclarations à la presse, qu'il est contre une prorogation de son mandat et qu'il n'envisage pas de partir en laissant le vide institutionnel s'installer dans le pays. Plus encore, il n'est pas question pour lui de confier à un gouvernement d'expédition des affaires courantes le soin d'assumer des prérogatives présidentielles. Dans ce contexte et dans l'impossibilité de former un gouvernement qui puisse être agréé par les deux parties adverses locales, une équipe ministérielle composée de personnalités neutres semble être inévitable. D'autant que, selon diverses sources concordantes, le chef de l'État et le Premier ministre désigné, Tammam Salam, se seraient fixé une date limite pour cela. Les deux jugent urgent en effet que le pays soit doté d'un gouvernement avant la tenue, au Koweït, de la deuxième conférence internationale qui sera consacrée au dossier des réfugiés syriens, soit avant le 15 janvier prochain.

(Lire aussi : Les risques sont grands si la paralysie politique persiste, affirme Salam)

Une telle mesure est de nature à adresser un signal positif à la communauté internationale qui, en dépit de ses promesses régulières d'aide au Liban, reste hésitante à débloquer les fonds permettant à Beyrouth de mieux gérer le flux de milliers de Syriens déracinés.

Mais elle est surtout de nature à envenimer le climat politique au point d'exacerber les tensions et de provoquer une situation d'insécurité contre laquelle Hassan Nasrallah et Walid Joumblatt avaient mis en garde à quelques jours d'intervalle. Selon diverses sources concordantes, le Hezbollah a intérêt à ce que le gouvernement d'expédition d'affaires courantes reste en place jusqu'à ce que la situation en Syrie se décante ou du moins jusqu'à ce que la réunion de Genève 2 se tienne et permette un tant soit peu de sonder l'évolution du conflit en Syrie. Plongé jusqu'au cou dans le brasier syrien, le parti de Dieu ne souhaite pas rééditer le 7 mai 2008, selon les mêmes sources, mais serait prêt à tout pour empêcher pour le moment la formation d'un gouvernement dans lequel il n'aura pas son mot à dire.

(Lire aussi : Sleiman : Le 26 mai, je serai de retour à Amchit)

C'est dans ce contexte qu'est intervenu le discours de son chef et c'est ce qui a motivé la visite du chef du bloc parlementaire de la Résistance, Mohammad Raad, à Baabda. Même si, dans les cercles proches de Baabda et du Hezb, on s'accorde à souligner que les débats étaient positifs et que les deux hommes ont procédé à un échange de vues très franc, il ressort des indiscrétions filtrées à la presse qu'un consensus autour d'un gouvernement semble de plus en difficile. Le seul élément positif qui se dégage de ces concertations est la volonté affichée par toutes les parties pour essayer de trouver un terrain d'entente, une formule médiane qui puisse débloquer la situation politique actuelle. Dans ces cercles, on souligne que du moment que les deux parties sont d'accord sur la nécessité que la présidentielle se déroule dans les délais constitutionnels, une entente autour d'une formule gouvernementale ne devrait pas être impossible.

Les contacts et les consultations doivent ainsi s'intensifier après les fêtes et s'étendront aux principales composantes du 8 Mars et du 14 Mars. Le président Michel Sleiman doit rappeler au cours de l'audience qu'il accordera, le dimanche 29 décembre, aux correspondants de presse à Baabda, les grandes lignes de sa politique et placer ainsi toutes les parties devant leurs responsabilités.

 

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Il est plus facile de Créer de toutes pièces 18 ou 19 communautés distanciées, que d'en créer Une Seule de la Capacité de ces 18 ou 19 communautés.

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

06 h 37, le 25 décembre 2013

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Commentaires (1)

  • Il est plus facile de Créer de toutes pièces 18 ou 19 communautés distanciées, que d'en créer Une Seule de la Capacité de ces 18 ou 19 communautés.

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    06 h 37, le 25 décembre 2013

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