La Banque centrale russe a annoncé hier avoir décidé de fermer deux établissements financiers régionaux, dernières victimes du grand ménage entrepris dans le secteur bancaire du pays, composé de centaines d'acteurs fragiles et aux pratiques douteuses.
Les deux banques concernées sont Askold, basée à Smolensk, 514e établissement du pays par les actifs, et Roubliovski, basée à Moscou, classée 669e, a précisé la Banque de Russie dans des communiqués.
Le régulateur reproche à Askold de ne pas respecter ses exigences en termes de capital, qui avait atteint un niveau dangereusement bas. Roubliovski menait une politique de crédit jugée trop risquée, sans disposer des réserves suffisantes.
La Banque centrale a par ailleurs annoncé confier le contrôle provisoire d'Ellipse Bank, un établissement basé à Nijni-Novgorod, sur la Volga, à l'agence en charge de l'assurance des dépôts bancaires, chargée d'assainir ses finances.
Le régulateur va lui fournir un crédit de 5,36 milliards de roubles (120 millions d'euros) et compte à terme adosser l'établissement à un concurrent, Rossiïski Capital.
La Banque centrale a musclé ces derniers mois sa pression sur le secteur bancaire du pays, composé d'environ 900 établissements pour la plupart très modestes, souvent hérités des années suivant la chute de l'Union soviétique.
À l'époque, quelques milliers de dollars suffisaient pour ouvrir une banque et les entrepreneurs avaient besoin de ces établissements pour faire fonctionner leurs sociétés.
Le régulateur reproche la plupart du temps à ces banques de ne pas disposer du capital suffisant pour répondre à leurs obligations financières, mais aussi de ne pas respecter la législation sur le blanchiment d'argent.
Le sujet est très sensible en Russie où la population reste traumatisée par les faillites bancaires des années 1990, dans lesquelles les déposants ont perdu leurs économies. Depuis, un système de garantie des dépôts a été mis en place.
(Source : AFP)

