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Nos lecteurs ont la parole - Carla Bejjani Aramouni

Le présent absent

Souvent, je ne dis pas toujours, il nous arrive d'oublier la cerise du gâteau, le centre de la périphérie, la source de la vie. Alors, la ronde sans repos commence, dans une orbite décentrée jusqu'à perdre conscience, dans un évanouissement ivre et un effritement désintégré. Souvent, je ne dis pas toujours, on préfère rester chenille quand tout l'univers attend le papillon. Tout système qui veut se maintenir a besoin de tourner autour d'un centre qui lui permette de rester en équilibre et de se mouvoir sans se dilapider, sinon il courrait vers sa propre perte.
Souvent, je ne dis pas toujours, ce centre est rendu absent. Jésus est expulsé de sa propre fête. On Le célèbre sans Lui. On L'oublie, on L'évite, on Le réduit, on L'ignore... Qui a envie de se compliquer la vie ? Elle est trop courte, dit-on. « La porte étroite », on n'en veut pas. Trop compliquée, difficile et contraignante. Et hop ! On ouvre la grande porte par où tout passe de manière confuse ; le bien comme le mal, c'est la grande porte du relativisme, du tout permis, pourvu que le plaisir y soit. Qui risquerait la lumière quand l'obscurité fait tout passer ? Le soleil dérange, interpelle, dénonce, brûle, montre au grand jour ce qu'on voudrait bien cacher, blesse avant de guérir, il crie la vérité. Mais difficile est ce face-à-face avec lui. Alors, on ferme timidement les yeux et on s'esquive pour se libérer de cet appel franc et profond qui dit : « Suivez-moi » vers votre vraie humanité, votre centre, votre terre promise. Le changement est douloureux, de même que le détachement de la périphérie qui est, elle, illusion. Mieux vaut une sécurité tranquille et médiocre qu'un chemin nouveau et inconnu. Le Christ est ce chemin de liberté et de découverte de l'homme et de Dieu à la fois. À Noël, Il est venu nous ouvrir ce chemin. Par peur, par paresse, on s'écarte de ce qu'on devrait être essentiellement et on invente tout genre de diversions pour ne pas répondre à la question : « Qui suis-je pour toi ? »
La fête, c'est très bien, la joie, c'est ce qu'il y a de mieux, mais elles sont dépourvues de leur sens et de leur profondeur si elles se vivent loin du centre de Son cœur aimant. Avec Lui, la fête recouvre son sens véritable et prend la forme d'une bonne nouvelle à vivre tous les jours, une fête inlassable, un présent inépuisable, de Dieu à nous. Mais un présent qui se partage dans l'amour, le don, le vrai, le bon, dans un cœur qui se dilate pour pouvoir regarder ailleurs qu'en un soi clos. C'est cela notre vraie fête qui peut s'étaler sur une vie, si l'on ose ouvrir la porte à Celui qui y tape pour qu'on L'invite. Souvent, et je dirais toujours, Il attend patiemment notre « oui », pour qu'Il se manifeste dans le présent, parce qu'Il est vivant, et voudrait nous ramener vers Lui, pas à pas, avec tout l'amour qu'on peut porter à un nouveau-né qui veut apprendre à vivre parce qu'il se sent aimé inconditionnellement.
Alors, l'absent sera présent en chacun et nous rassemblera tous en Son nom, dans une fête sans fin, rayonnant de milliers de présents. Sonnez les carillons, le Christ est là !

Carla BEJJANI ARAMOUNI

Souvent, je ne dis pas toujours, il nous arrive d'oublier la cerise du gâteau, le centre de la périphérie, la source de la vie. Alors, la ronde sans repos commence, dans une orbite décentrée jusqu'à perdre conscience, dans un évanouissement ivre et un effritement désintégré. Souvent, je ne dis pas toujours, on préfère rester chenille quand tout l'univers attend le papillon. Tout système qui veut se maintenir a besoin de tourner autour d'un centre qui lui permette de rester en équilibre et de se mouvoir sans se dilapider, sinon il courrait vers sa propre perte.Souvent, je ne dis pas toujours, ce centre est rendu absent. Jésus est expulsé de sa propre fête. On Le célèbre sans Lui. On L'oublie, on L'évite, on Le réduit, on L'ignore... Qui a envie de se compliquer la vie ? Elle est trop courte, dit-on. « La porte...
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