En cette fin d'année (noire) 2013, on ne parle pratiquement plus que d'insécurité, d'attaques terroristes, d'instabilité chronique et du « pire qui reste à venir ».
La goutte qui est en train de faire déborder le vase est la recrudescence des agressions en tous genres contre l'armée, qui mobilise comme rarement les pôles politiques et sécuritaires du pays.
L'agence al-Markaziya, citant des sources bien informées, rapporte, sans pouvoir les confirmer, que la Finul a prévenu la troupe qu'une attaque risquerait fort dans les jours à venir de viser en même temps les Casques bleus et les soldats de l'armée. Et cette dernière a visiblement pris la menace très au sérieux : de larges perquisitions ont ainsi été effectuées dans les régions de Wadi Charhabil à Abra, Kfarfalous et Bisri, ainsi qu'à Wadi Beksata, à la recherche d'éléments armés recherchés par la justice et que l'armée pense trouver, cachés, dans les fourrés et les grottes de ces zones. Trois personnes ont été arrêtées dans ce cadre ; trois partisans d'Ahmad el-Assir.
En attendant, le camp du 8 Mars craint que les agressions contre l'armée perpétrées au cours des dix derniers jours ne s'inscrivent dans le cadre d'un plan global, qui n'en est encore qu'à ses balbutiements et qui vise à nettement affaiblir l'institution militaire et à saper l'unité du pays, vu que, disent les forces du 8 Mars, les tentatives de semer la discorde entre sunnites et chiites ont échoué. Le 8 Mars tient à rappeler à ce sujet que pendant la guerre civile, les plans visant à diviser les Libanais et à les faire quitter le pays n'avaient réussi que lorsque l'armée s'est retrouvée paralysée : c'est uniquement à ce moment-là, dit le 8 Mars, que les lignes de démarcation ont été créées, et c'est à cela que l'on veut arriver aujourd'hui, prévient-il.
En face, le 14 Mars estime que cette mise à nu de l'armée est « extrêmement dangereuse ». Selon l'opposition, « depuis 1969, la troupe cohabite avec des arsenaux illégaux et essaie de faire avec cette réalité pour éviter un choc frontal avec les détenteurs de ces armes illégales. Mais l'histoire est témoin que cela est nécessairement voué à l'échec : en 1975 avec l'OLP, ensuite avec le Hezbollah après la libération, puis après la guerre de juillet et la résolution 1701, et désormais avec ce même Hezb qui combat en Syrie et qui, du coup, se met en danger, met en danger l'ambassade d'Iran et, naturellement, tout le pays et toutes ses institutions, à commencer par l'armée », juge une source influente au sein du 14 Mars, interrogée par al-Markaziya.
Cette source tient à rappeler qu'en trois jours, la troupe a été attaquée quatre fois, et à chaque fois, sans explications ou sans réels motifs ou revendications. « Ni la violation de la ligne bleue par un soldat libanais n'a pu être clairement expliquée, ni l'incident de
Majdelyoun, ni celui de l'Awwali, ni les roquettes qui ont visé une caserne de l'armée à Hermel », insiste cette source du 14 Mars. « Si la seule institution libanaise encore sur pied est mise à mal à ce point, c'est uniquement en raison de l'implication totale du Hezbollah en Syrie, sans le moindre respect pour l'État ni la moindre conscience des dangers qu'une telle implication jette sur tout le pays », conclut-elle.
Et si seulement le volet politique connaissait quelque embellie... L'immobilisme est toujours et plus que jamais de mise. On sait juste que le PM désigné Tammam Salam se rendra dans les prochains jours à Baabda pour un entretien avec le président Sleiman dès le retour de ce dernier de Paris. M. Sleiman ne manquera pas de raconter à M. Salam les détails de sa conversation téléphonique avec le président français François Hollande, à qui il a demandé de convoquer le groupe des Amis du Liban à une réunion à Paris, après celle de New York le 25 septembre dont le Conseil de sécurité avait officiellement adopté les recommandations : soutenir le Liban politiquement et économiquement, aider l'armée et faire en sorte que le pays puisse supporter le poids des réfugiés syriens.
En attendant, Tammam Salam ne sera pas le seul visiteur de Baabda, où est supposé se rendre également le chef du bloc parlementaire hezbollahi, Mohammad Raad, qui évoquera notamment avec le président de la République le dernier attentat en date contre le Hezb, il y a quelques jours à Sbouba.
Liban - La Situation
La Finul redoute un attentat contre les Casques bleus et les soldats de l’armée
OLJ / le 20 décembre 2013 à 00h00


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