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Moyen Orient et Monde - Contestation

L’opposition voit l’indépendance de l’Ukraine en péril

Le Premier ministre a mis en garde contre la poursuite des manifestations proeuropéennes.

L'opposante emprisonnée Ioulia Timochenko a estimé que l'indépendance de l'Ukraine était en péril, dans un entretien réalisé avant l'accord de mardi entre Moscou et Kiev. Par ces accords, la Russie accorde 15 milliards de dollars à l'Ukraine en achetant des obligations ukrainiennes, abaisse d'un tiers le prix du gaz qu'elle lui livre, au niveau préférentiel réservé à certains pays de l'ex-URSS, et lève les obstacles au commerce imposés ces derniers mois. L'ex-Première ministre ukrainienne a en outre répété son appel à des sanctions européennes contre son adversaire politique, le président Viktor Ianoukovitch.
Les responsables de l'Union européenne, eux, se sont montrés plus mesurés, au lendemain de la visite du président Ianoukovitch à son homologue russe Vladimir Poutine et de l'annonce en grande pompe des accords au Kremlin. « Je regrette la décision du président Ianoukovitch de ne pas signer, ou du moins de ne pas signer pour le moment », l'accord d'association entre l'Ukraine et l'UE, mais « l'offre reste sur la table », a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel lors d'un discours devant les députés allemands.
La présidence lituanienne de l'Union européenne a estimé que l'accord signé par l'Ukraine avec la Russie n'était qu'une « solution temporaire » et ne faisait que retarder une crise imminente sans relever les défis à long terme. L'accord entre Kiev et Moscou « aura du mal à calmer » les manifestants proeuropéens de la place de l'Indépendance dans la capitale ukrainienne, a encore estimé le ministre lituanien des Affaires étrangères, Linas Linkevicius.
Hier matin, le Premier ministre ukrainien Mykola Azarov a cependant mis en garde contre la poursuite des manifestations de l'opposition proeuropéenne, qui conteste dans la rue depuis près d'un mois la volte-face du pouvoir sur l'accord d'association avec l'UE, qui était pourtant en préparation depuis trois ans. « On ne laissera plus personne déstabiliser la situation », a déclaré M. Azarov en ouvrant le Conseil des ministres, alors que l'opposition manifestait mardi soir sa dénonciation à l'accord avec Moscou, ressemblant 50 000 personnes.

Un accord « historique »
Dans l'immédiat, M. Azarov s'est félicité d'un accord « historique ». L'accord d'association avec l'Union européenne « aurait entraîné la faillite et l'effondrement socio-économique », a-t-il déclaré, reprenant les arguments avancés ces dernières semaines par les dirigeants russes pour dissuader l'Ukraine. En effet, pour signer l'accord d'association avec l'UE, l'Ukraine aurait dû accepter les conditions du Fonds monétaire international, telles que la hausse des tarifs du gaz pour les particuliers, la dévaluation de la devise nationale ou le gel des salaires, tout en achetant le gaz russe au prix fort.
Le Premier ministre a par ailleurs fait peser sur l'opposition, et en particulier sur Mme Timochenko, qui fut l'un des leaders de la révolution orange prooccidentale de 2004 et était au pouvoir avant l'élection de M. Ianoukovitch en 2010, la responsabilité de la situation économique actuelle du pays. « Le précédent contrat gazier (conclu par Ioulia Timochenko, alors Première ministre) saignait l'économie ukrainienne depuis trois ans et demi », a-t-il dit. « Le président a mis un terme à cette trahison des intérêts nationaux, dont sont responsables les mêmes forces politiques qui provoquent aujourd'hui l'instabilité dans le pays », a-t-il poursuivi.

(Source : AFP)

L'opposante emprisonnée Ioulia Timochenko a estimé que l'indépendance de l'Ukraine était en péril, dans un entretien réalisé avant l'accord de mardi entre Moscou et Kiev. Par ces accords, la Russie accorde 15 milliards de dollars à l'Ukraine en achetant des obligations ukrainiennes, abaisse d'un tiers le prix du gaz qu'elle lui livre, au niveau préférentiel réservé à certains pays de l'ex-URSS, et lève les obstacles au commerce imposés ces derniers mois. L'ex-Première ministre ukrainienne a en outre répété son appel à des sanctions européennes contre son adversaire politique, le président Viktor Ianoukovitch.Les responsables de l'Union européenne, eux, se sont montrés plus mesurés, au lendemain de la visite du président Ianoukovitch à son homologue russe Vladimir Poutine et de l'annonce en grande pompe des...
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