La réaction de l'État a été immédiate et le défi lancé à son égard à plus d'une reprise par les islamistes sera relevé. C'est ce qu'a affirmé hier le ministre de l'Intérieur, Marwan Charbel, suite à une nouvelle provocation qui lui a indirectement été adressée via les médias sociaux.
Des combattants islamistes de l'opposition syrienne venaient en effet de diffuser une vidéo dans laquelle on les voit se préparer à lancer un missile en direction d'Idleb sur lequel ils avaient inscrit un message de solidarité avec les détenus islamistes à Roumieh.
On pouvait lire, écrit au feutre bleu au dos de l'enveloppe du missile, le message suivant : « De la part des détenus islamistes à Roumieh aux chrétiens mécréants. » Dans l'enregistrement qui suit, on pouvait entendre l'un des combattants assurer aux détenus de Roumieh qu'ils « ne les oublieront pas ».
Sitôt la vidéo diffusée, et au lendemain d'informations faisant état d'une opération terroriste visant ce lieu de détention, les ministres de l'Intérieur et de la Justice, Marwan Charbel et Chakib Cortbaoui, se sont instantanément rendus sur place, dans le cadre d'une visite d'inspection et du recueil des doléances des détenus, dont les islamistes.
Maniant la carotte et le bâton, les deux ministres, qui ont inspecté le milieu carcéral pour la énième fois, ont passé près de deux heures à écouter les griefs des locataires. La tournée s'est conclue par une réunion qui a regroupé les deux ministres avec les avocats des islamistes pour évoquer l'anarchie qui règne notamment dans le bâtiment B, où sont retenus les islamistes.
Sitôt après, MM. Charbel et Cortbaoui devaient annoncer, lors d'une conférence de presse, qu'une opération d'inspection dans les cellules des islamistes aura lieu aujourd'hui même et « sera désormais hebdomadaire », dans une tentative de contester les « rumeurs » faisant état du développement d'un émirat islamique au sein du bâtiment B et pour rappeler que l'État est prêt à y mettre fin. « Vous allez constater dès demain (aujourd'hui) que l'État existe », a assuré le ministre de l'Intérieur.
Plusieurs informations concordantes avaient en effet rapporté l'état de quasi-indépendance dont jouissent les détenus islamistes à l'intérieur de ce bâtiment qui a connu au fils des années évasions, mutineries « armées », contrebandes de tous genres, introduction frauduleuse de charges explosives, dont une partie a été récemment découverte, dissimulée dans un sandwich.
Mais la démonstration de force ne s'arrête pas là. Selon le témoignage d'un gardien posté à l'entrée du lieu où sont gardés les islamistes, recueilli il y a quelque temps par L'Orient-Le Jour, les détenus se sont autoproclamés « juges des mœurs » de détenus tiers et auraient même improvisé une chambre de torture et un tribunal religieux sur place. Le décès de certains prisonniers dans des circonstances qui restent non élucidées pourrait être lié à ces jugements expéditifs.
L'on se souvient également comment l'évasion de trois islamistes avait été constatée, le jour où ils devaient comparaître devant un juge. Les gardiens de la prison – qui affirment « ne pas oser entrer dans la grande cellule qui regroupe les islamistes pour faire l'appel des présents » – s'étaient rendu compte ce jour-là de la disparition de trois détenus qui avaient, semble-t-il, fui depuis plus de trois jours sans que personne ne soit au courant à temps.
La question des téléphones cellulaires aux mains des détenus a également été évoquée, les responsables s'étant engagés à mettre un terme à ce phénomène « en dépit des avantages qu'il offre en termes de renseignements », dira le ministre de l'Intérieur. Ce dernier a assuré au passage que le prisonnier qui a fait circuler des photos sur un dîner quasi public organisé à la prison « a été sanctionné ».
Jetant du lest, M. Charbel a cependant fait preuve de compassion à l'égard des détenus, estimant que le fait de posséder des portables à l'intérieur des prisons devrait être évalué à la lumière des conditions de détention inhumaines.
M. Cortbaoui a mis l'accent pour sa part sur la surpopulation de ce lieu carcéral, « à cause de l'accroissement du taux de criminalité, 36 % des détenus étant des étrangers », insistant sur la nécessité d'accélérer les procès et promettant la création de nouvelles prisons.
L'État sévira aujourd'hui, promet en tous les cas M. Charbel. Affaire à suivre.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Le gruyere a encore frappe , mais l'histoire de l'inscription sur le missile des salafos wahabites est terrible . On sait qui les finance et les soutient , et on defend encore ce pays ? alors a plus forte raison ses creations .....
18 h 28, le 19 décembre 2013