Pour justifier un report de la réduction des achats d'actifs aux réunions de janvier ou de mars 2014, l'argument le plus fort concerne l'inflation. Mesurée par le déflateur des dépenses à la consommation, elle est tombée à 0,7 % sur un an en octobre, contre 1,8 % un an auparavant. C'est l'un des plus bas niveaux hors période de récession. Pour Ben Bernanke, qui s'est fait un nom par ses travaux sur les dangers de la déflation, resserrer même modestement la politique monétaire peut être difficile.
Quant au panorama de croissance, il n'est pas totalement stabilisé. La croissance du 3e trimestre a été tirée par le restockage. Une compensation logique de ces effets signifierait une croissance au 4e trimestre, voire au 1er, en dessous des 2 % associés à ce qui est nécessaire, au moins pour soutenir
l'emploi. Mais c'est la réaction anticipée des marchés qui pourrait bien avoir le dernier mot dans le débat du FOMC. La formule « tapering is not tightening » résume la pensée de la Fed, pas forcément celle des marchés. À l'approche de Noël et du Nouvel An, période caractérisée par des marchés de capitaux moins actifs et liquides que d'ordinaire, prendre une décision avec l'écueil d'être mal compris par le marché est un risque que la Fed ne voudra peut-être pas prendre.


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