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Nos lecteurs ont la parole - Joe Acoury

L’obésité, un fléau de manques

Le lieu : un resto relevant d'une chaîne de fast-food. La situation : une personne assise, silencieuse, en train de commander une liste d'aliments pour un lunch break. Le problème : manger sans avoir faim, en quantité et mal. Sa racine : un mal-être, un problème de communication, de rêves inadaptés aux besoins, de la génétique, des sens, de la modération, de l'adaptation aux frustrations et du rythme de la maturité émotionnelle. La société de consommation pourrait être néfaste au comportement abusif de certains, surtout à ceux qui absorbent inconditionnellement les régimes « diet », des drogues qui déculpabilisent à court terme. Elles consistent à initier, sensibiliser et développer chez le consommateur pressé un but, pourtant distant de tout exercice volontaire. Une dépendance claire vis-à-vis de l'objectif nutritionnel miracle et du changement promis porte souvent des personnes fatiguées à espérer, à reprendre confiance. Ce « système bienveillant », qui fait tourner en rond tant de personnes dans le monde, promet de nous faire gagner la forme qu'on souhaite.
Le bénéfice certain pour les spécialistes du champs médical et nutritionnel pèse dans la balance, mais ne peut être validé sans l'intervention individuelle. Il ne pourrait se résoudre uniquement à la qualité prise et à la mesure d'une portion pour favoriser une règle ou des restrictions. La responsabilité de la personne qui souffre demeure indissociable du processus de vouloir et de continuer à recouvrir sa forme. Elle concerne autant une observation des habitudes acquises que l'évaluation de son surpoids excessif. Il est souvent dérivé de tensions psychologiques non résolues et tristement déchargées par le geste en bouche et le remplissage de l'estomac. Les difficultés de retrouver les repas chauds en famille ainsi que ce temps privilégié pour adapter les expressions verbales aux perturbations quotidiennes favoriseraient davantage l'acte de se nourrir, solitaire, tout fait, gras, sucré et improvisé. Ils encourageraient le rythme de la bouchée rapide qui absorbe d'un coup les tensions et les frustrations. Le retour aux traditions passées pourrait nourrir le rythme présent, en y conciliant la convivialité. Il s'agirait aussi d'ajuster des solutions dosées aux problématiques durables, sans plus les taire ni les nier.
On constaterait ainsi une autre forme de corpulence, propre à l'amplification de la boulimie mentale. Elle indiquerait un stress excessif, qui concerne une évolution inadaptée aux intégrations progressives, à l'installation d'une étape pour gravir la suivante, au solennel silence pour se poser et au regard intérieur. Il aiderait à panser une blessure ou une simple difficulté et à apprécier nos états divers avant de pouvoir y répondre, efficacement.
Afin de comprendre adéquatement les symptômes épuisants de tous les poids qu'on porte et qu'on supporte, on aurait besoin de se concentrer sur la coexistence de ces deux formes d'obésité, provoquée par l'homme et menaçant sa santé. Nous gagnerions à développer ainsi une conscience aiguë de notre fonctionnement délicat entre ce qu'on rêve de faire et ce qui peut, ou pas, nous convenir.
Manger deviendrait-il l'acte d'équilibrer chaque besoin, dont certains manques feraient également partie ?

Joe ACOURY
Gestalt-thérapeute

Le lieu : un resto relevant d'une chaîne de fast-food. La situation : une personne assise, silencieuse, en train de commander une liste d'aliments pour un lunch break. Le problème : manger sans avoir faim, en quantité et mal. Sa racine : un mal-être, un problème de communication, de rêves inadaptés aux besoins, de la génétique, des sens, de la modération, de l'adaptation aux frustrations et du rythme de la maturité émotionnelle. La société de consommation pourrait être néfaste au comportement abusif de certains, surtout à ceux qui absorbent inconditionnellement les régimes « diet », des drogues qui déculpabilisent à court terme. Elles consistent à initier, sensibiliser et développer chez le consommateur pressé un but, pourtant distant de tout exercice volontaire. Une dépendance claire vis-à-vis de...
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