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Nos lecteurs ont la parole - Fouad J. Tabet

Le ver est dans le fruit

Le «ver», c'est le problème de la citoyenneté dans le système libanais. Cette citoyenneté, à l'intérieur des 10 452 kilomètres carrés, n'existe pas. Nous l'avons dit et répété plus d'une fois: il n'existe pas au Liban de citoyens libanais, mais, oui, des citoyens qui se réfèrent à des religions.
Tous les discours des politiciens d'aujourd'hui, les membres des divers cercles politiques n'ont cessé de les rabâcher depuis 1943. Aucun de ces discours n'aborde un plan structuré à proposer aux Libanais de demain.
Le Liban politique d'aujourd'hui est l'héritage du Liban d'hier, sans vision d'avenir.
À quoi cela sert-il de relever les lacunes politiques dans les propos des instances politiques, toutes tendances confondues, ou les instances religieuses, toutes religions confondues – «Nous sommes dépourvus de volonté nationale», dernière déclaration du patriarche maronite –, si l'on ne présente pas un plan d'éducation nationale, à faire accepter par tous, pour appliquer la règle de la séparation du religieux et du politique?
Encore une fois, la religion de chacun est l'héritage de coutumes ancestrales. Lorsque l'on est appelé à vivre en commun, il faut apprendre le respect des traditions de l'autre, de ses règles et coutumes, de ses fêtes et conditions de vie.
Or il ne s'est pas trouvé un seul homme politique pour présenter, et appliquer, un plan d'éducation prônant le sens de la cohabitation : un Liban où serait appliqué un code des droits et des devoirs de chacun au sein de cette mosaïque de religions.
Tout est une question d'éducation.
On ne naît pas patriote dans une société aussi hétéroclite, on le devient.
Le devenir, c'est former, éduquer une génération à laquelle on imposera, même s'il le faut sous forme de dictature éclairée, un plan qui consistera à créer le citoyen libanais de demain.
Nous faut-il un Atatürk? Pourquoi pas? Encore faut-il le trouver!
Tous les politiciens d'aujourd'hui, tous les chefs de parti sont aux antipodes de ce devenir du Libanais de demain. Cessez de vous moquer de vous-mêmes, Messieurs les Politiciens, et attelez-vous au programme de ce devenir. Sinon, n'attendez de vos diatribes politiques aucune amélioration.
Votre souci majeur devrait être de relever les lacunes qui entachent le système, mais nul d'entre vous ne présente un programme pour préparer les Libanais de demain.
À titre d'exemple: il y a quelques jours, des affrontements entre étudiants ont eu lieu dans plusieurs universités. Ces affrontements se répètent régulièrement. Est-il permis que notre jeunesse, qui est le ferment du pays, soit autorisée au sein du campus à se faire représenter par des comités de partis politiques, alors qu'elle est appelée à plancher sur ses carrières d'avenir: médecine, génie, gestion, droit?...
Un État qui se respecte et qui envisage de créer un citoyen libanais doit interdire qu'à l'intérieur du campus on s'engage dans des discussions politiques. Étant entendu que hors campus, l'étudiant, qu'il soit de droite ou de gauche, hezbollahi ou FL, peut s'exprimer comme il l'entend.
Aucun comité dans n'importe quelle université ne doit être constitué sur base de l'appartenance politique, mais selon les valeurs académiques des étudiants capables d'assumer leurs fonctions de représentants de leurs camarades. Une loi à appliquer sans retard doit être promulguée pour éviter ces affrontements gratuits, qui perturbent et nuisent à notre jeunesse et à son avenir.
Oui, le ver du système est dans le fruit. Le fruit, ce sont ceux qui vivent sur ce territoire et qui, aujourd'hui encore, n'ont aucune appartenance dite libanaise.
Qui réussira à nous sortir de cette gangue? Sinon, nous sommes partis pour de nouvelles ères d'ignorance comme celles qui, malheureusement, ont jalonné l'histoire de nos peuples depuis la nuit des temps.

 

Le «ver», c'est le problème de la citoyenneté dans le système libanais. Cette citoyenneté, à l'intérieur des 10 452 kilomètres carrés, n'existe pas. Nous l'avons dit et répété plus d'une fois: il n'existe pas au Liban de citoyens libanais, mais, oui, des citoyens qui se réfèrent à des religions.Tous les discours des politiciens d'aujourd'hui, les membres des divers cercles politiques n'ont cessé de les rabâcher depuis 1943. Aucun de ces discours n'aborde un plan structuré à proposer aux Libanais de demain.Le Liban politique d'aujourd'hui est l'héritage du Liban d'hier, sans vision d'avenir.À quoi cela sert-il de relever les lacunes politiques dans les propos des instances politiques, toutes tendances confondues, ou les instances religieuses, toutes religions confondues – «Nous sommes dépourvus de volonté...
commentaires (3)

Il faut sortir les libanais du Liban et les remplacer par les libanais de l'etranger , telle est la solution . Ou alors laiciser le pays .

FRIK-A-FRAK

15 h 59, le 12 décembre 2013

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Commentaires (3)

  • Il faut sortir les libanais du Liban et les remplacer par les libanais de l'etranger , telle est la solution . Ou alors laiciser le pays .

    FRIK-A-FRAK

    15 h 59, le 12 décembre 2013

  • EN DEUX MOTS : WAYNAK YIA BATRIARK SFEIR ! IL AVAIT RÉSUMÉ TOUT EN UNE PETITE PHRASE : FIL NOUFOUS KABL AL NOUSSOUS... L'ÉDUCATION COMME LE DIT AUSSI BIEN AUSSI MONSIEUR TABET. TOUS LES DÉCRETS ET ENTENTES DIVERSES NE SERVIRAIENT À RIEN...

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    14 h 24, le 12 décembre 2013

  • C'est clair et clairement énonce. Merci Cher Ami

    TRAD Dimitri

    09 h 03, le 12 décembre 2013

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