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Liban - Journée mondiale

L’appel de la LTA aux citoyens : « Rejoignez la lutte contre la corruption, signalez-là ! »

Impliquer les citoyens dans la lutte contre la corruption, telle est la nouvelle campagne lancée hier par l'Association libanaise pour la promotion de la transparence (LTA).

« Rejoignez la lutte contre la corruption et rapportez les cas dont vous êtes victimes ou témoins. » À l'occasion de la Journée mondiale contre la corruption, l'Association libanaise pour la promotion de la transparence, (chapitre libanais de Transparency international) invite les citoyens à rapporter les cas de corruption auxquels ils sont confrontés. Plus spécifiquement ceux qui émanent de la fonction publique ou du secteur privé. Pour ce faire, elle ne ménage pas ses mots : « La corruption est venimeuse. C'est à toi de la signaler », ou encore, « Se taire sur la corruption est un crime. Dénoncez-là ».
Soucieuse de leur donner les moyens de le faire, elle lance une nouvelle campagne exécutée par la Lebanese Advocacy and Legal Advice Center (Lalac). Pour signaler un cas de corruption et pour une consultation légale gratuite, il faut donc appeler le 01/386886. Les centres de défense et de conseil juridiques sont alors chargés, non seulement de recevoir les plaintes des citoyens et de toute personne présente sur le sol libanais, mais aussi d'assurer une protection à ces personnes, qu'elles soient victimes ou témoins. Outre le centre de Beyrouth, déjà opérationnel, et qui a reçu un millier d'appels en trois ans, deux centres seront bientôt inaugurés, l'un à Nabatiyé, l'autre dans la Békaa. Et ce grâce au financement de l'Union européenne, de la Fondation Liban renaissance et du Centre pour l'entreprise privée internationale.

Le Liban, mauvais élève
C'est au cours d'une conférence de presse, hier, au club de la presse, à Beyrouth, qu'a été annoncée la campagne. L'événement s'est déroulé avec la participation de la chef de la Délégation de l'Union européenne, l'ambassadrice Angelina Eichhorst, de la présidente de l'Association libanaise pour la promotion de la transparence, Me Nada Abdel Sater Abou Samra, du représentant de Transparency International, Manuel Pirino, et du directeur des relations publiques au sein de la Fondation Liban renaissance, Fady Bustros.
Avec une note de 28 sur 100 et une place de 127e sur 177 pays, dans l'indice de perception de la corruption 2013, « le Liban est en net recul dans le classement international », déplore Me Abou Samra. Elle observe que la corruption est une maladie qui touche l'ensemble de la société libanaise. « Elle est présente non seulement au niveau des hauts responsables et de l'administration publique, mais dans la vie quotidienne des Libanais, jusque dans le secteur alimentaire, dans l'immobilier et même sur les routes », constate-t-elle. Malgré ces chiffres alarmistes et la paralysie institutionnelle, « notre mouvement est la preuve de notre détermination à changer les choses et à mettre un terme à la corruption », assure-t-elle.
Le projet libanais est parti d'un projet international de grande envergure qui vise « à donner aux individus la possibilité de combattre la corruption », explique le porte-parole de Transparency International, Manuel Pirino. En effet, plus de 90 centres (Alac) de conseils juridiques sont aujourd'hui installés dans 60 pays, dont 7 au Proche-Orient, dans le cadre de la lutte contre la corruption. Et plus de 140 000 citoyens ont contacté ces centres pour obtenir des informations sur la corruption. Quant au défi, il consiste à « faire appliquer ce modèle partout au monde », estime M. Pirino, conscient que « la tâche n'est pas aisée ».
« La corruption est une menace pour la Constitution » : c'est à l'ambassadrice de la Délégation de l'Union européenne que revient le mot de la fin. Reconnaissant que la corruption est un problème de société dans le monde, Angelina Eichhorst estime qu'un « progrès est nécessaire au Liban, car la corruption existe partout, aussi bien au niveau du secteur public que privé ». « La société est malade. Il faut lui inoculer le vaccin », dit-elle à ce propos, insistant sur le rôle des médias dans l'éducation et la sensibilisation de la société libanaise. Elle rappelle que l'Union européenne s'abstient de donner au gouvernement libanais le moindre soutien budgétaire, « à cause de l'absence de transparence ». Mais souligne que l'UE accorde un important soutien financier au Liban, par le biais du secteur privé ou d'ONG. Avant d'appeler à la mise en place d'une loi pour institutionnaliser la lutte contre la corruption.

 

« Rejoignez la lutte contre la corruption et rapportez les cas dont vous êtes victimes ou témoins. » À l'occasion de la Journée mondiale contre la corruption, l'Association libanaise pour la promotion de la transparence, (chapitre libanais de Transparency international) invite les citoyens à rapporter les cas de corruption auxquels ils sont confrontés. Plus spécifiquement ceux qui...
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