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Nos lecteurs ont la parole - Georges Sabat

Sachons identifier nos priorités

Certains parmi les groupes qui attirent sur leurs pages de Facebook un nombre impressionnant de sympathisants leur proposent une variété impressionnante d'objectifs, lesquels sont sans nul doute méritoires et devraient être poursuivis assidûment. N'empêche qu'a mon humble avis, les citoyens devraient, en même temps, commencer par s'engager à résoudre des questions plus urgentes qui risquent, si elles ne sont pas résolues le plus tôt possible, de porter un coup fatal à la démocratie dans ce pays, pour ne pas dire mettre en question sa survie.
Qu'il me soit permis de recourir à une allégorie pour démontrer mon point de vue. Imaginons qu'une maison qui, par suite d'une erreur dans les fondations, risque de s'écrouler, entraînant la mort de ses occupants. Au même moment, on découvre que d'autres erreurs de construction ont besoin d'être réparées aussitôt que possible pour éviter une grave dépréciation de la valeur de la propriété. Que devrait faire le propriétaire et quelles devraient être ses priorités absolues ?
À mon humble avis, notre pays se trouve à un moment crucial de son histoire. Il est menacé de toutes parts et de plusieurs manières. N'empêche que certaines menaces sont plus urgentes et leurs effets plus catastrophiques que d'autres. En conséquence, nos efforts devraient se concentrer à les circonscrire, quitte même à différer pour un temps celles qui sont moins immédiates ou qui demanderaient beaucoup plus de temps et d'efforts que nous ne pouvons leur consacrer pour l'instant.
L'urgence serait de convaincre les citoyens du besoin urgent de s'engager à travailler tous ensemble à restaurer les fondations du pays et à le sauver de l'écroulement.
Notre pays, depuis son indépendance, hésite entre diverses alternatives. Doit-il être arabe ou compter sur l'Europe ou l'Amérique ? Doit-il accueillir les Palestiniens ou les chasser ? Doit-il prendre ses instructions de Téhéran ou de Riyad ? Doit-il se consacrer à remettre en état son infrastructure et en même temps s'occuper de bien traiter ses citoyens, ou bâtir encore plus de gratte-ciel et négliger son agriculture et son industrie ? Doit-il se préoccuper avant tout d'arrêter l'effet boule de neige de la croissance de la dette, ou tout simplement l'ignorer en la liant à une croissance artificielle du GDP ?
Ce sont de telles questions de base auxquelles il est urgent de répondre. Sinon, nous allons continuer à vaciller et à nous mal entendre. Le Hezbollah nous sortira le danger israélien ou la nécessité de défendre le régime syrien pour nous distraire d'autres menaces plus directes que ses cinquante mille fusées sont incapables de résoudre. Le 14 Mars, de son côté, s'évertuera à nous faire prendre des vessies pour des lanternes et minimisera les dangers socio-économico-financiers qui nous menacent en nous assurant, à tort, que les revenus du pétrole et du gaz régleront, dans dix ans, tous nos problèmes.
La seule issue pour les citoyens serait de laisser les deux grands partis se chamailler à loisir. Les citoyens devraient s'entendre directement entre eux pour résoudre leurs véritables problèmes existentiels. Plusieurs partenaires devraient être invités à se joindre à nous pour faire face à un tel enjeu : nos éducateurs, nos étudiants, nos experts économiques, financiers et techniques, ainsi que les institutions internationales qui accepteraient de se joindre à nous pour nous aider a planifier et, plus tard, à financer la reconstruction. J'ai dit « reconstruction » car tout est à refaire au Liban. Mais il s'agirait de définir et de s'entendre entre nous (chrétiens, druzes, chiites, sunnites) sur nos priorités. Une fois un tel accord obtenu sur l'essentiel, une véritable table ronde entre les citoyens pourrait se tenir, à laquelle nous inviterions, s'ils désiraient y prendre part, les leaders et les hommes politiques à condition qu'ils promettent de jouer le jeu honnêtement.
Envisager de telles perspectives précises serait moins illusoire que vouloir, à la fois, tout résoudre à long terme quand il ne nous reste plus beaucoup de temps.
À ceux qui seraient tentés de souligner qu'il serait illusoire de vouloir entreprendre une tâche aussi imposante sans la participation de l'État, je répondrais que, tout d'abord, il n'est nullement question de circonvenir l'État, à moins qu'il ne tente, lui, de court-circuiter les citoyens ou de faire dévier le programme contre leur volonté. En fin de compte, ce que nous tentons de réaliser, c'est de trouver un terrain neutre (ni 8 ni 14 Mars) sur lequel nous essaierons de bâtir un édifice commun à tous, aux nantis comme aux démunis, aux chrétiens comme aux musulmans, aux engagés politiquement comme aux indépendants, dans le seul but de sauver le pays de la catastrophe.

Georges SABAT

Certains parmi les groupes qui attirent sur leurs pages de Facebook un nombre impressionnant de sympathisants leur proposent une variété impressionnante d'objectifs, lesquels sont sans nul doute méritoires et devraient être poursuivis assidûment. N'empêche qu'a mon humble avis, les citoyens devraient, en même temps, commencer par s'engager à résoudre des questions plus urgentes qui risquent, si elles ne sont pas résolues le plus tôt possible, de porter un coup fatal à la démocratie dans ce pays, pour ne pas dire mettre en question sa survie.Qu'il me soit permis de recourir à une allégorie pour démontrer mon point de vue. Imaginons qu'une maison qui, par suite d'une erreur dans les fondations, risque de s'écrouler, entraînant la mort de ses occupants. Au même moment, on découvre que d'autres erreurs de construction ont...
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