Le président ukrainien, Viktor Ianoukovitch, et son homologue français, François Hollande, hier au sommet de Vilnius. M. Ianoukovitch semble pour sa part accepter la main tendue des Européens. presse présidentielle ukrainienne/Muykhylo Markiv/AFP
« Nous ne pouvons pas accepter (...) d'avoir une sorte de possible veto d'un troisième pays » dans le cadre d'un accord d'association, a lancé le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, à l'issue du sommet du partenariat oriental, qui réunissait l'Union européenne (UE) et six anciennes républiques soviétiques. « Le temps de la souveraineté limitée est révolu en Europe », a-t-il ajouté en référence à l'époque de l'URSS.
Réaffirmant que l'accord d'association avec l'Ukraine était « toujours sur la table », le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a appelé Kiev à « écarter les considérations à court terme et les pressions venues de l'extérieur ».
« Nous ne devons pas renoncer face aux pressions extérieures, même de la Russie », a-t-il ajouté.
Moscou est déjà parvenu à ramener dans son giron l'Arménie, qui a annoncé en septembre qu'elle rejoignait son Union douanière. Des responsables européens s'inquiètent aussi d'une montée de la pression sur la Géorgie et la Moldavie, maintenant qu'elles ont paraphé un accord d'association avec l'UE, première étape avant une signature définitive attendue l'an prochain.
Pour l'heure, le président ukrainien, Viktor Ianoukovitch, a semblé accepter la main tendue des Européens. « Je confirme l'intention de l'Ukraine de signer l'accord d'association dans un avenir proche », a-t-il déclaré à Vilnius, où il avait fait le déplacement pour rencontrer ses homologues de l'UE. « La pause forcée dans le processus de signature de l'accord ne signifie pas un arrêt des réformes nécessaires en Ukraine en vue de poursuivre l'intégration européenne », a-t-il plaidé.
Mais il a rappelé ses
propres conditions. Il demande toujours un dialogue à trois avec la Russie, ainsi qu'une aide financière pour son pays en crise, notamment du fait des mesures de rétorsion imposées ces derniers mois par Moscou.
Or, l'UE a rappelé qu'elle refusait catégoriquement toute intrusion dans ses relations bilatérales. Quant à l'aide financière, elle ne ferme pas la porte, en évoquant un « soutien » à une éventuelle intervention du Fonds monétaire international (FMI), mais sans se montrer plus concrète.
« Porte ouverte »
Le président français, François Hollande, a été plus catégorique. « On ne peut pas, comme le président ukrainien le voudrait, demander qu'on paie pour que l'Ukraine entre dans cette association. Non, on ne paie pas ! » a-t-il martelé.
À l'issue du troisième sommet du partenariat oriental entre l'UE et six ex-républiques soviétiques – Ukraine, Géorgie, Moldavie, Belarus, Arménie et Azerbaïdjan –, le bilan est donc maigre.
Outre les deux accords d'association avec la Géorgie et la Moldavie, a été signé un accord de facilitation des visas avec l'Azerbaïdjan et quelques textes plus techniques. M. Van Rompuy a salué « la détermination, le courage et la volonté politique » des dirigeants géorgiens et moldaves, en assurant que l'UE avait toujours respecté le « choix souverain » de ces pays.
La présidente lituanienne, dont le pays assure la présidence semestrielle de l'UE et fait partie des États en pointe dans la volonté de rapprochement avec les anciennes républiques soviétiques, a accusé les dirigeants ukrainiens d'avoir choisi « une voie qui ne mène nulle part ». « C'est un échec
de l'Ukraine. »
« Il faut attendre un meilleur moment ou des changements en Ukraine (...), il n'est pas impossible que ce processus reprenne. C'est dommage, mais en aucun cas on ne peut baisser les bras », a commenté à Cracovie le Premier ministre polonais, Donald Tusk.
Malgré les signes de bonne volonté de part et d'autre, beaucoup de responsables pensent que l'absence de signature avec l'Ukraine, de loin le pays le plus important du partenariat, risque de briser l'élan pour de longs mois, voire des années. Non seulement pour l'Ukraine, mais aussi pour l'ensemble de cette stratégie à l'Est lancée en 2009.
Outre les pressions russes, l'UE souffre aussi de ses divisions sur les perspectives offertes à l'ancien bloc soviétique. Elle n'a jamais proposé une adhésion pleine et entière, comme elle l'avait fait avec les pays de l'Est après la chute du Mur.
La signature d'un accord avec l'UE « représente une claire avancée dans nos relations qui amènera certainement mon pays un jour dans l'Union européenne », n'en a pas moins estimé le Premier ministre moldave, Iurie Leanca.
(Source : AFP)



Avec F.Hollande et sa nomenklatura ... les fiasco diplomatiques s'enchainent...même que cela devient inquiétant...
17 h 36, le 30 novembre 2013