L'Espagne est sortie au troisième trimestre de la récession dans laquelle elle était plongée depuis deux ans, avec une croissance de 0,1 % du produit intérieur brut (PIB), selon les chiffres officiels définitifs publiés hier.
La timide sortie de récession est portée par les exportations, mais l'économie espagnole reste plombée par une demande interne toujours en berne, explique l'Institut national de la statistique (INE) dans un communiqué.
La reprise de la consommation des ménages (+0,4 % entre juillet et septembre), après cinq trimestres de baisse, a favorisé la sortie de récession, souligne l'INE.
Par rapport à la même période de 2012, le PIB du troisième trimestre a reculé de 1,1 %. Le recul était de 1,6 % entre le deuxième trimestre de cette année et celui de 2012.
L'emploi a baissé de 3,2 % au troisième trimestre sur un an, soit une réduction nette de 522 000 postes de travail à temps complet. Et le coût unitaire du travail a baissé de 1,9 % entre le troisième trimestre 2012 et la même période de 2013.
Malgré ce retour à la croissance, le chômage reste le principal point noir de l'économie espagnole, avec un taux de 25,98 % au troisième trimestre.
La quatrième économie de la zone euro, frappée doublement en 2008 par l'éclatement de sa bulle immobilière et le démarrage de la crise financière internationale, était engluée depuis début 2011 dans sa deuxième récession en cinq ans.
Sur l'ensemble de l'année, le gouvernement conservateur prévoit un recul du PIB de 1,3 %, un peu mieux qu'en 2012 où il avait baissé de 1,6 %. Il attend une croissance de 0,7 % en 2014.
Les organismes nationaux (Banque d'Espagne) et internationaux (FMI, Commission européenne) tablent pour leur part sur un repli compris entre 1,4 % et 1,6 % pour 2013.
La Banque d'Espagne avait estimé dès le 23 octobre que le PIB de l'Espagne avait crû de 0,1 % au troisième trimestre, précisant que cette hausse s'accompagnait d'une légère amélioration sur le front du marché du travail. Selon la Banque d'Espagne, la destruction d'emplois a été la plus faible « depuis le début de la crise », même si le taux de chômage reste proche de son record historique.
Sur un autre plan, les prix à la consommation en Espagne sont repartis à la hausse en novembre, après être restés stables en octobre, dans un contexte de crainte d'une déflation en zone euro, selon des chiffres provisoires publiés hier.
Le taux d'inflation pour novembre, calculé en données harmonisées avec celles de l'Union européenne, est de 0,3 % sur un an, selon l'Institut national de la statistique (INE).
Ces chiffres sont dus à une baisse des prix du carburant moins importante que celle de novembre 2012.
En variation mensuelle, les prix sont restés stables, selon l'indice harmonisé, précise l'INE.
L'inflation reste largement en dessous du niveau jugé souhaitable par la Banque centrale européenne (BCE), d'un peu moins de 2 % en variation annuelle.
Son président, Mario Draghi, a d'ailleurs prévenu que la zone euro était potentiellement au seuil d'une « période prolongée d'inflation basse », mais a assuré ne pas anticiper de déflation.
L'Espagne, qui vient tout juste de sortir de deux ans de récession, avait connu une période de déflation en 2009, avec un recul des prix pendant huit mois consécutifs.
(Source : AFP)

