Un responsable politique souligne que l'accord conclu le week-end dernier entre l'Iran et la communauté internationale sur le dossier du nucléaire est très transparent et ne comporte aucune clause secrète. Selon lui, il est parfaitement clair que, contrairement à ce que certaines parties tentent de suggérer, c'est l'Iran qui s'est finalement soumis aux exigences de ses interlocuteurs et a accepté le principe de l'usage de l'énergie nucléaire à des fins pacifiques, notamment industrielles, et non militaires.
Allant dans le même sens, un ministre sortant qualifie de « forfanteries médiatiques » les explications données de l'accord par certaines parties au sein du 8 Mars. Pour ce ministre, ce qui tend à démontrer que l'accord conclu à Genève va dans un sens conforme aux vœux de la communauté internationale, c'est le fait que le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, s'est précipité, aussitôt après la conclusion de l'accord, pour fixer la date de la conférence de Genève 2, consacrée à la crise syrienne, sans prendre en compte les contradictions persistantes dans les positions des protagonistes syriens eux-mêmes.
Un diplomate estime précisément que la Genève syrienne sera un test pour les diverses parties internationales, en particulier pour le président iranien Hassan Rohani, qui doit encore confirmer le changement qu'il vient d'opérer dans son pays.
Sur ce point, un responsable politique bien informé relève que ce qui s'est passé à Téhéran depuis la conclusion de l'accord sur le nucléaire confirme l'analyse de diplomates selon lesquels il est déterminé à tenir sa promesse et qu'il est engagé dans la voie du changement vers davantage d'ouverture sur le monde.
Dans ce contexte, un député du 14 Mars s'interroge sur l'éventualité de la tenue d'une « Genève libanaise », puisqu'il semble que la communauté internationale, et en particulier les États-Unis et la Russie, s'est engagée à en finir avec les crises de la région pour instaurer un Moyen-Orient nouveau.
Un ministre sortant pense pour sa part qu'il est encore trop tôt pour obtenir une réponse à cette interrogation, un règlement pour le Liban ne pouvant intervenir qu'une fois achevée la mise en place d'une feuille de route pour l'ensemble de la région.
Il ne faut pas oublier que pour le moment, certains États arabes demeurent grandement inquiets de la « Genève iranienne » et de ses retombées, alors même qu'on s'apprête à aller vers la « Genève syrienne ». Dans cette perspective, des diplomates s'attendent à ce que le mois de décembre soit plutôt difficile, dans la mesure où chacun des participants à Genève 2 souhaiterait améliorer ses positions avant la tenue de la conférence, prévue le 22 janvier. Un ministre libanais craint d'ailleurs que la scène libanaise ne soit une fois de plus utilisée dans le cadre de ce bras de fer, y compris de manière violente.
En dépit de tentatives visant à mettre en place un accord interne minimal entre les diverses parties prenantes, le Liban est plus que jamais tributaire de l'extérieur. Si la « Genève syrienne » est couronnée de succès, on pourra s'attendre rapidement à une solution de compromis sur le plan intérieur.
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OU UNE LOYA JIRGA !
03 h 09, le 30 novembre 2013